mercredi 19 mars 2014

Le voyage de Nambu - Tome 1 - Tony Hemery

Le voyage de Nambu -Tome 1, de Tony Hemery

197 pages
Editions Sudarènes
Année de parution : 2013

Présentation de l'éditeur :
Ceci n’est pas un roman ordinaire… Découvrant une quête de soi et de paix dans un univers asiatique aux contours discrets, « Le voyage de Nambu » se révèle être une œuvre à méditer, un récit au message spirituel qui ne demande qu’à vous imprégner, vous ouvrir les yeux sur votre moi et vos capacités. Entre le héros et vous, les frontières iront donc en s’amenuisant. L’auteur ponctue le roman d’exercices de méditation que le lecteur aura loisir à pratiquer au fil de l’histoire. 
 
      Le livre nous raconte le début de la quête de lui-même du jeune Nambu ; ainsi que le début de son cheminement spirituel qui le mènera vers l’accomplissement de sa destinée : être Eclaireur.
      Nambu a été amené en piteux état chez Oktan, Maître de pensées. Avec la douce Nemi, celui-ci a pris soin du garçon pendant deux ans et lui a appris à se tourner vers son être intérieur.
      Le vent de la vie tourne et il est temps pour Nambu, de partir suivre sa voie.
      Un appel au secours d’un royaume voisin, apporté par un ami/ennemi d’enfance, leur fera prendre la route.
      Mais pourquoi faire le voyage d’une seule traite ? C’est l’occasion de faire vivre de nouvelles expériences à Nambu, de lui faire découvrir d’autres réalités que celles de sa montagne, de faire de nouvelles rencontres, d’observer les rapports humains … tout est sujet à interrogations et réflexions pour lui.

    « Le rôle de l’éclaireur est de révéler le potentiel qui sommeille en chacun afin de permettre à chaque être de se réaliser sur terre. »
      Présenté comme ça, j’imaginais les éclaireurs plutôt âgés, ayant accomplis un long parcours spirituel et ayant atteint la sagesse. Et bien, non, pas du tout. Qu’elle n’a pas été ma surprise quand Nambu se voit remettre, à peine quelques jours après le début de sa quête, sa ceinture d’Eclaireur. Comme si en si peu de temps, il était déjà en symbiose parfaite avec son âme… et avait accumulé assez de réflexions et de savoirs pour éclairer n’importe quel quidam.
      Je ne suis vraiment pas convaincue par ce procédé.
      Voyant cet attribut sur sa taille, on lui demande depuis quand il occupe cette « fonction » , « à peine quelques mois, je suis encore en formation » répond-il, et pourtant tout le monde s’adresse à lui comme s’il était un grand maître, et que ne sortait que des vérités de sa bouche.
      Condenser le temps, était une idée intéressante, mais présentement, elle ne fonctionne pas, et cela demeure peu crédible.

     Les personnages évoluent dans un monde fictif, et très flou. Il y a une forêt à côté de la maison d’Oktan, un temple à quatre ponts d’accès, une ville à proximité, et pas très loin une montagne avec des grottes. Voilà pour la cartographie. On sait qu’il y a au moins trois royaumes et qu’un conflit se trame. Voilà pour la situation géo-politique.
      Pour le coup, l’auteur laisse le champ libre à notre imagination… un peu trop peu être. Je suppose qu’il défend une idée de quête atemporelle, et que cette neutralité est voulue.
       Mais j’ai trouvé que cela manquait de cohérence avec le fait que Oktan répète plusieurs fois à Nambu « qu’il est le monde qui l’entoure », je m’attendais du coup à plus d’interactions entre lui et son environnement ; et à moins de stéréotypes : la forêt et la grotte escarpée pour la méditation, la ville pour les pensées embrouillées, etc …

     Tony Hemery nous invite tout au long du livre à cheminer spirituellement avec Nambu au travers d’exercices de méditation. J’avoue avoir lu les instructions, mais ne pas m’y être essayée. On n’improvise pas une séance de médiation comme ça ,et sûrement pas au plein milieu de la lecture. Aussi, j’ai plutôt envisagé cela comme des axes de réflexions, et donc forcément, j’ai tout faux. Je suis partie sur la mauvaise voie, en écoutant mes pensées et non mon âme.
     Il faudra reprendre tout ça sous le bon angle une prochaine fois.

     Dans ce premier tome, l’histoire ne me semble qu’un prétexte, à ce pseudo apprentissage de la voie de soi-même : il ne se passe pas grand-chose, tout est palabre. Les réflexions sont trop condensées pour être facilement saisies par un lecteur lambda.
     Un style plus simple aurait été judicieux, ponctué de quelques phrases de pensées philosophiques. Ici le lecteur s’englue dans des phrases complexes qui s’agglutinent les unes aux autres dans un méli-mélo d’idées, la lecture avance donc lentement et il faut souvent s’y reprendre à deux fois, afin de saisir l’idée décrite. 
     J’avoue avoir rapidement eu recours à une lecture orale, mais malgré cela certains passages sont restés obscurs.

     Pour ce qui est des idées proposées, c’est à chacun de voir si elles résonnent en lui. Certaines parleront aux uns, et d’autres aux autres, certains rejetteront l’ensemble ou acquiesceront à la totalité. On y retrouve des inspirations des maîtres de pensées de l’Asie, du bouddhisme et des religions et philosophies centrées sur le Soi de ces régions.

      Ce livre est un premier tome, qui souffre cruellement de ne pas être suivi de son second, car il y a ici beaucoup de mise en place pour, au final, nous laisser sur notre faim.
      Tony Hemery relève un challenge ambitieux avec ce livre qui se veut à la fois roman, guide de méditation et chemin initiatique.
      A relire ? peut-être. A poursuivre avec la suite ? sûrement.

     "Prisonnière de sa propre attente, elle n'envisage plus l'avenir. C'est probablement la principale raison de son tourment."

     "Ce qui est grand est comme ce qui est petit et c'est par de petites choses que l'on en accomplit de grandes."

     "Certains comportements et attitudes vivent en nous malgré nous, nous sommes pris au piège de leur expression et pouvons êtres habités de caractères contraires. Mais sommes-nous ce qui vit en nous, cette spécificité propre à notre éducation et marquée par notre caractère ? Qui sommes-nous dans tout cela ? Ces pensées qui nous habitent et nous affublent de ce que nous sommes et que nous voudrions nous cacher ... Elles nous habillent d'un décor qui plaît à ce que nous voulons penser de nous. Nous restons souvent spectateur de notre comportement."

     Je remercie les Editions Sudarènes et le forum Have de Break, Have a Book, pour la découverte de ce livre.

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