mardi 12 avril 2016

Une nuit d'été - Chris Adrian

Une nuit d'été, de Chris Adrian

445 pages
Editions Albin Michel
Parution : 4 janvier 2016

4ème de couverture :
  Libre transposition dans le San Francisco d'aujourd'hui du Songe d'une nuit d'été, le roman de Chris Adrian est un livre surprenant, où réalité et féerie se télescopent pour interroger la nature exacte de l'amour.
    Henry, Will et Molly ne se connaissent pas mais ils ont quelque chose en commun. Tous trois viennent de perdre un être cher dans la mort ou la rupture. Un soir d'été, tandis qu'ils se rendent à une soirée, ils s'égarent dans Buena Vista Park sans savoir que ce lieu est devenu le refuge secret de Titania et Obéron, les souverains du royaume légendaire immortalisés dans la pièce de Shakespeare, inconsolables depuis la mort de leur fils... Ensemble, ils vont vivre une nuit à nulle autre pareille.
    A l'image d'Obéron, doté du pouvoir de sonder le coeur humain, Chris Adrian explore la puissance et le mystère de l'amour, se jouant de la frontière entre mythe et réalité, grâce et gravité. Il réussit un roman drôle et émouvant, d'une inventivité rarement égalée.


    Quoi de mieux qu'une soirée d'orage où tout parait un peu surnaturel pour vous parlez d'un livre où il est question d'Elfes, d'Humain et de fin du monde ?

    Dans l'imaginaire collectif, l'Elfe est plutôt un être sympathique, que ce soit dans les romans ou dans les légendes. Il y a certes des Elfes facétieux, mais en général, c'est un peuple qui se tient loin des humains et évite au maximum d’interagir avec eux. Ce n'est pas le cas ici. Non seulement ils ne sont pas vraiment sympathiques, bien que certains soient vraiment amusants, mais surtout ils intègrent régulièrement le monde des humains pour leur propre plaisir, sans se soucier du mal qu'ils provoquent.
    Il est ici question d'un petit groupe d'Elfe qui a élu domicile sous la colline d'un parc de San Francisco. Il a sa tête la reine Titania rongée par le chagrin depuis que son mari est parti. Le peuple déjà totalement soumis au couple royal et devant obéir à ses quatre volontés, se retrouvent sous les ordres d'une femme à la fois tyrannique et complètement amorphes et désintéressée de son royaume. Ce désintérêt et le chagrin va jusqu'à lui faire commettre l'irréparable : elle libère Puck de son joue. Libéré la bête équivaut à provoquer la fin du monde des Elfes, et peut-être même celui des humains. Ce que Titania comprend, mais un peu tard.
    Pour laisser une chance à son peuple de survivre, elle se doit de terrasser Puck, et décide donc de partir à sa poursuite. Elle lance alors un sort pour sceller les issues du parc : jusqu'à l'aube nul ne pourra s'échapper.

    Mais les Elfes ne sont pas seuls dans ce parc cette nuit-là, il a la jeune Molly qui tente de reprendre le contrôle de sa vie depuis le suicide de son compagnon, Henry qui lui essaye de se remettre de sa rupture amoureuse, et le beau Will qui s'en veut d'avoir trompé sa femme. Et puis il y a ce groupe de SDF qui pensent avoir découvert un complot et tente de monter une comédie musicale pour le dénoncer. Pour chacun d'eux le parc représente des souvenirs et y sont déjà venus. Et si chacun s'y arrête pour se pencher sur le passé et mesurer le chemin parcouru, ils n'imaginent pas dans quelle course folle ils vont être plongés.
    Ils croiseront tous des Elfes décidés à les sauver en même temps qu'eux-même, malgré l'incompréhension de ces premiers. Quand le fantastique rencontre la réalité, il est difficile d'y croire, même avec l'esprit embrouillé par d'autres préoccupations.
    Lyon, Fell et Oak arriveront-ils à sauver les trois humains ? Titania arrivera-t-elle à se débarrasser de Puck ?
     Molly, Henry et Will trouveront-ils les réponses aux questions qu'ils se posent depuis toujours ? Parfois la vérité vient d'ailleurs, serait-ce le cas ici ?

     C'est un livre que j'ai lu petit à petit, qui est vraiment très dense, tant au niveau de l'écriture que dans la foule des faits racontés. Nous ne suivons pas que les aventures de la nuit dans le parc qui sont déjà très riches, l'auteur nous raconte également la vie de chacun des personnages. Nous apprenons tout de la tristesse de Titania, de la douleur de Molly, de la vie particulière de Henry, de la fascination de Will pour sa compagne...
    Pendant longtemps je me suis demandée où l'auteur voulait en venir. J'avoue avoir été surprise par cette fin, assez inattendue je dois dire, mais peut-être un peu brouillon aussi, du moins l'ai-je ressenti ainsi. Mais je ne suis pas sûre d'être particulièrement bon juge, car je n'ai pas vraiment pris de plaisir à cette lecture ; je ne me suis pas attachée aux personnages, aucun ne m'a touchée et j'ai parfois eu du mal à suivre les péripéties saugrenues de l'auteur. Le côté provoquant basé sur la sexualité des personnages m'a semblé réellement inutile, mais ce doit être dans l'air du temps et vendeur.
    J'aurais aimé davantage de douceur, plus d'empathie de l'auteur envers les personnages. Certes nous vivons dans un monde dur, que les Elfes ici accentue encore plus, mais cela ne fait pas de tous les humains, des personnes froides, provocantes, torturées et/ou insignifiantes. J'aurais aimé plus d'humanité.
    Dans ce livre aucun sentiment ne m'a paru beau : ni l'amour d'une mère pour son fils, ni celui d'un homme pour sa femme ou inversement ; tous sont pervertis par de la violence, de la sexualité, de la contrainte, de l'autorité, de la soumission, de la dureté, de l'égoïsme... Pourtant qu'y a-t-il de plus beau dans la vie que le fait d'aimer ? 


    Je suis vraiment mitigée au sujet de cette lecture, j'ai l'impression d'être passée complètement à côté, malgré une grande ouverture d'esprit je n'ai pas réussi à rentrer dans l'univers assez torturé de l'auteur.
    J'ai laissé passer un peu de temps, pour que la lecture se décante dans mon esprit, mais malgré le temps qui a passé je reste sur mon impression de départ.
    Si ce n'était clairement pas un livre pour moi, je suis sûre qu'il saura charmé les fans de fantastique qui souhaitent découvrir un autre aspect du monde des Elfes.



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