jeudi 2 juin 2016

China Girl - Kevin Kwan

China Girl, de Kevin Kwan

497 pages
Editions Albin Michel
Parution : Avril 2016
Traduit de l'anglais par Nathalie Cunnington 

4ème de couverture :
    À la veille d'épouser le célibataire le plus convoité de l'Asie du sud-est, Rachel Chu se retrouve confrontée à un redoutable secret de famille. Une découverte qui va l'entraîner de Singapour À Shanghai et À Pékin où les nouveaux-riches chinois en surenchère de bling-bling et d'excentricité relèguent nos hit-girls occidentales au rang de jeunes filles rangées !
    Ascension sociale, milliardaires en mal d'amour et de folies, scandales en tous genres... Kevin Kwan nous entraîne dans l'univers argenté et déjanté d'une jet-set asiatique qu'il connaît comme personne. Cinglant, fascinant et jubilatoire, un roman où (presque) rien n'est inventé.


    J'ai lu ce livre comme une vraie gourmandise. Une fois plongée dedans j'avais les plus grandes peines du monde à le lâcher. La première moitié a été dévorée sur un après-midi, le milieu a été grignoté, chapitre par chapitre, et la fin a été avalée en une soirée. Et je vais vous dire : ces deux façons de le lire sont aussi agréable l'une que l'autre.
    En le grignotant petit à petit, il vous donnera l'impression de lire la presse people ou un blog ou un facebook pour découvrir la vie de personnage en vue. En enchainant les pages, vous aurez l'impression de vous plonger dans une série telle que Gossip Girl.
    Comment est-ce possible que ce livre soit souple me direz-vous ? Simplement parce que l'auteur a très bien su choisir sa narration. En effet nous ne suivons pas un personnage tout du long, nous en suivons plusieurs. Chaque chapitre s'ouvre sur une nouveau lieu, un nouveau moment, et un nouveau groupe de personnage. Personnages qui se croisent et se séparent au fil des pages, qui voyagent, qui se retrouvent. Les groupes se font et se défont au fil de l'histoire.
    D'ailleurs en parlant de l'histoire, nous n'avons pas une histoire avec un début et une fin. Nous avons plusieurs récits de vies, remplis de petites anecdotes et de petits rebondissements, mais pas de vrai début, ni de vrai fin. Si aujourd'hui vous vous mettez à parler de votre vie aurait-elle un début et une fin ? Non vous attaqueriez là où vous en êtes et vous poursuivrez dans votre présent au fur et à mesure. C'est ce que Kevin Kwan a choisi de faire, et il le fait très bien.
    J'ai apprécié le fait qu'il n'y ait pas d'évènements abracadabrantesques, mais seulement de la réalité dans toute sa banalité pour ces personnages. Ce qui a nous peut paraître exceptionnel ne l'est pas pour ces personnages, et en cela l'auteur joue parfaitement le jeu.

    J'ai aimé retrouvé les personnages chapitre après chapitre, avec une petite tendresse notamment pour Kitty qui apparait de temps en temps au fil du livre. Je dois presque dire que j'attendais ces apparitions. C'est le personnage décalé du roman, celui dont on se sait pas trop quel rôle elle joue ou va jouer dans la vie des autres personnages, mais elle est là, et je l'ai trouvé rafraichissante.

    Si le livre n'a pas de fin, l'auteur ne laisse pas pour autant ses personnages  dans des situations impossibles, créant un suspens lourd pour lecteur. Il les laisse tranquillement là où ils en sont dans leur vie. Bien sûr la fin du voyage de Nick et Rachel, mouvement central du livre, permet de clore le livre, mais tout n'est pas dit. Comme dans la vie, rien n'est définitif. Le lecteur peut très bien s'arrêter là, et ne jamais lire la suite ; mais si l'auteur sort une suite, ce qui est fort probable, ce livre étant lui-même un second volume, le lecteur sera heureux de retrouver les personnages, comme on l'est de retrouvé de vieux amis. Je viens de vous dire que ce livre était en quelque sorte un second volume, mais cela ne gêne en rien la lecture de celui-ci. Je ne l'ai su moi-même qu'en regardant plus attentivement le marque page qui était glissé dans mon roman. A aucun moment je n'ai ressenti de gêne à lire directement ce livre. Si Kevin Kwan garde les mêmes personnages, il sait faire vivre ses romans indépendamment des autres, et c'est très appréciable.

    Ce livre est une lecture vraiment agréable, fraîche, mais pas niaise. Elle donne envie de croquer la vie à pleine dent. Elle nous transporte le temps de quelques pages dans un monde différent et très fermé, régit par les conventions sociales et les codes. Un monde que nous présente sans fard l'auteur, qui nous fera rêver ou non, mais où les gens ne sont pas différents de nous.


- Doux Jésus ! Nick, viens voir, vite ! s'exclama Rachel d'une voix paniquée.
Nick se précipita vers elle.
- Ca va ?
Figée au bord de ce qui ressemblait à un bassin de nage, elle secouait la tête incrédule.
-Regarde ! Un bassin pour carpes koï !
- Bon sang, tu m'as fait peur ! J'ai cru un instant qu'il y avait un problème.
- Parce que toi tu trouves qu'il n'y a pas de problème . NICK, IL Y A UN BASSIN POUR CARPES KOI ! AU BEAU MILIEU DE CE PUTAIN D'AVION !

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