jeudi 9 février 2017

Le Club de la Petite Librairie - Deborah Meyler

Le Club de la Petite Librairie, de Déborah Meyler

416 pages
Editions City
Parution : Février 2014

4ème de couverture :
  Jeune femme brillante, Esme obtient une bourse à l'université de Columbia à New York. Dans cette ville où tout est tellement éphémère, elle tombe amoureuse de Mitchell. Tout va bien. Jusqu'à ce qu'elle soit enceinte : là, Mitchell annonce qu'il s'en va.
    Déterminée à reprendre sa vie en main, Esme trouve un travail dans une petite librairie de quartier, tenue par George, son propriétaire excentrique, et le taciturne Luke dont le rêve est de devenir guitariste. Au milieu des livres, la jeune femme trouve un réconfort bienvenu, tout comme auprès des clients de la librairie qui deviennent des amis et des soutiens.
    Et puis, un jour, Mitchell revient. Esme a-t-elle vraiment envie de lui accorder une seconde chance ? Le bonheur est-il à ce prix ?


    Ce livre c'est MA déception de l'année 2016, et pourtant je suis assez bon public. Comme bon nombre de lecteurs, j'ai du mal à résister à un livre dont le titre contient les mots : livres, bibliothèque, librairie, ... La quatrième de couverture faisait de celui-ci un roman prometteur. Je m'imaginais un livre qui me parlerait de livres, où l'auteur nous parlerait d'auteurs qui consolent, de romans préférés,... mais il n'en est finalement rien ici.

    Esme est une jeune anglaise qui va poursuivre ses études en Amérique. Sur place elle tombe sous le charme de Mitchell, le beau gosse riche et macho. Leur histoire est compliquée. Elle tombe enceinte, décide seule de garder le bébé, se met à travailler à la librairie à côté de chez elle en parallèle de ses études.
    A la librairie elle est bien entourée, le propriétaire et ses collègues sont attentionnés et prennent soin d'elle.
Devenir maman dans ses conditions parait super simple...

    Le premier reproche que je fais à ce roman est son manque total d'originalité. Tous les personnages sont des clichés ambulants, leur comportement est stéréotypé, et ne surprend jamais le lecteur.
    Et pour ceux qui connaissent la série Gilmore Girls, les personnages vous rappelleront tous quelques choses, comme si l'auteur n'avait fait que mélanger un petit peu les caractères des personnages pour les réutiliser. Le pire étant Luke, le parfait sosie de Luke Danes : chemise à carreaux, bourru, solitaire, parlant peu mais super attentionné,... j'ai trouvé cela un peu gros.
    Quant à Esme elle est un mélange des deux Lorelai, moitié Rory : fan de livres, étudiantes, qui tombent sous le charme d'un jeune homme riche assez prétentieux et dont la famille ne l'accepte pas ; moitié Lorelai, qui tombe enceinte jeune, ne veut pas en parler à ses parents, décident de se débrouiller seule.
    Si la comparaison ne pouvait se faire qu'à travers ces grandes lignes, on pourrait se dire que j'exagère et que ce n'est que hasard, mais mille et une petites anecdotes du livre renvoient à la série, et je trouve cela fort dommage.
    Je n'ai clairement pas su m'attacher aux différents personnages, et leur manque de consistance propre y a joué pour beaucoup.


    Une autre chose m'a gênée dans ma lecture : c'est tout le discours sur l'avortement, vraiment radical, de ceux que serine les groupes anti-avortement. Ce discours assez froid et impersonnel, place presque ce roman dans le domaine de la propagande. Un livre n'est jamais innocent, il aura forcément un impact sur son lecteur, et la façon dont ce message est délivrée m'a semblé vraiment agressif et sans appel.
    C'est certes un sujet délicat à traiter, surtout dans un roman, mais il est ici presque central. L'auteur développe et insiste sur ce sujet, alors qu'elle survole les difficultés financières d'élever un bébé, de lui fournir tout ce qu'il faut de matériel ainsi que la couverture médicale... Pas un mot sur les difficultés qu'une mère célibataire va rencontrer face aux nuits blanches, à faire garder son bébé si elle veut pouvoir continuer à travailler pour leur assurer un revenu minimum ... Toutes ces lacunes qui me font dire que c'est un domaine où l'auteur n'a aucune expérience et n'a pas cherché à approfondir le sujet. C'est pour moi trop facile de prêcher sur un sujet aussi important quand il n'est pour soi qu'une vague idée.
    Toutes les mères du monde le diront : il n'est pas facile d'avoir un enfant, que ce soit en couple ou seule. Toutes diront qu'elles ont du se battre chaque jour pour boucler les journées, qu'elles ont été fasse à des difficultés matérielles, sociales, médicales...
     Pour certains un auteur pour être bon ne doit écrire sur ce qu'il ne connait pas, pour d'autres se sera sur ce qu'il connait. Ces deux théories sont défendables, et dans les deux cas demanderont un peu de travail de recherche pour maîtriser au moins le théorie du sujet développé.


     J'ai hésité à abandonner ce livre en cours de lecture, car je ne me voyais pas avancer. J'ai persévéré jusqu'au bout espérant un rebondissement, une surprise,... car je n'aime pas abandonner une lecture. Le fait de l'avoir lu d'un bout à l'autre m'aura au moins donner la possibilité d'émettre un avis complet sur ce roman. L'histoirequ'il développe pourrait être celle d'un téléfilm de l'après-midi, une heure et demi serait amplement suffisant, pas besoin de nous coincer des heures durant entre ces pages pour ne découvrir qu'une médiocre histoire qui ne fera même pas rêver son lecteur.
     Vous l'aurez compris c'est une lecture que je ne vous conseille en aucune façon. Cela me désole, mais il en fallait bien une dans l'année.



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