mercredi 24 janvier 2018

Les promesses - Amanda Sthers

Les promesses, de Amanda Sthers

306 pages
Editions Grasset
Parution : Septembre 2015

Présentation de l'éditeur :
    La vie, en général, n’en finit pas de faire des promesses qu’elle prend plaisir, ensuite, à ne pas tenir – et telle est bien l’histoire d’Alexandre, le héros de ce roman.
    On lui avait ainsi promis, dès sa naissance, le bonheur, l’amour, le soleil, l’Italie et toutes les nuances du plaisir, et il en eut sa part. Mais il s’avisa, à mesure, que chaque promesse accomplie portait également en elle une part de regret, une zone de mélancolie où le destin murmurait : « le bonheur, ce n’était donc que cela ? »
    Dans ce roman qui se déploie entre Paris et l’Argentario, cette presqu’île bénie de Toscane, on croisera beaucoup de désirs, de folles sensualités, des jours glorieux, des amantes, des amis fidèles – et, en même temps, leurs contrepoints douloureux et sombres.
   Cette histoire, on l’aura deviné, concerne la plupart des hommes qui entrent dans l’existence en grands vivants. Qui en jouissent. Et qui, par négligence, y font d’irrémédiables dégâts.
Surtout dans le cœur des femmes qui ont pris le risque de les aimer.


    Les promesses, voici le livre type qui semblait prometteur mais qui fut pour moi une réelle déception.

    Dans ce roman nous faisons la connaissance de Sandro, un homme d'une cinquantaine d'année qui recroisant une femme qu'il a désirée mais jamais possédée revient sur ce que fut sa vie. 
    Cette femme c'est Laure, une belle beauté promise à un autre qu'il rencontre quelques temps avec ses noces. Fou d'amour pour cette femme, il aimerait la voir quitter cet autre et se donner à lui, même si cela implique pour lui de laisser femme et enfant. Car oui, il est comme ça, Sandro. La belle ne l'entendant pas de cette oreille, et si elle apprécie la compagnie de cet homme, elle n'en continue pas moins sa route sur le chemin qu'elle s'est tracée.
    Même s'il n'obtient pas les faveurs de la belle, il décide tout de même de divorcer de sa femme Bianca, avec laquelle il ne se serait marié que par obligation à cause de la grossesse de celle-ci. Schéma qu'il reproduira à l'identique quelques années plus tard avec Gilda.
    Il finira par retourner sur les terres de son enfance pour prendre définitivement possession du vieux domaine familial et devenir le digne héritier de son grand-père tout aussi pétri de mépris envers les femmes.

    L'enfance de Sandro est censée excuser ce comportement égoïste et irresponsable : au décès de son père qui toujours le poussait à se surpasser, il a vécu dans l'ombre d'un grand-père n'utilisant les femmes que pour son plaisir. Sa mère, la seule femme qui aurait pu le remettre sur le droit chemin, est une femme complètement effacée dans l'ombre du grand-père. Ainsi donc en grandissant il reproduit le schéma ancestral et on est censé le plaindre et compatir pour lui.
    Ce avec quoi je ne suis pas d'accord : ce qui fait de nous des adultes est justement notre propension à faire des choix, nos choix. Sandro fait des choix, les mauvais semble-t-il, mais il les fait et donc ne peut prétendre en être la victime. Il a fait le choix d'épouser Bianca et Gilda, il est trop facile d'ensuite leur reprocher de faire son malheur. Et comment ne pas le trouver pathétique d'accuser son épouse de le rendre malheureux juste parce qu'il a croisé une belle femme qui le fascine... Si Laure n'avait pas été présente à ce dîner, aurait-il décidé qu'il était si malheureux ? Aurait-il épousé Gilda pour se venger d'elle et de son bonheur matrimonial ensuite ?
    S'il aimait tant l'homme qu'il était auprès de Laure, pourquoi ne pas avoir tout fait pour devenir cet homme au quotidien ? Donnant l'impulsion à son couple pour évoluer et le rendre plus heureux ? Il ne faut pas compter sur les autres pour nous changer, il faut se trouver soi-même et assumer l'être.
    Certes, en faisant le choix du mariage, Sandro a à chaque fois respecter les conventions et la morale, mais ces choix l'on rendu malheureux et a détruit les femmes qu'il a épousé. Il vaut parfois mieux se révéler lâche, plutôt que d'enfermer l'autre dans une situation qui ne peut que le détruire. Bianca et Gilda méritait mieux, pourront-elles un jour se relever et donner à nouveau leur confiance ? Si Bianca possède assez de caractère pour cela, il en est moins certain pour Gilda.

    Oui, le personnage de Sandro m'a dérangée dans son mépris des femmes ; mais ce qui m'a le plus perturbée c'est l'écriture. Si j'avais lu ce roman à l'aveugle, j'aurais juré qu'il avait été écrit par un homme. Vous savez un de ces auteurs un peu misogyne qui force le trait pour provoquer son lecteur. Et le fait qu'il ait été écrit par une femme m'a gênée. La façon dont elle parle et traite son propre sexe est déroutant. S'il s'agit d'un exercice littéraire auquel Amanda Sthers s'est livré, alors c'est très réussi ! Sinon ... je ne sais quoi en penser. Il faudra qu'à l'occasion je tente un autre de ces textes.
    En dehors de ce trait particulier, l'écriture du livre est intéressante. Mais j'avoue avoir peiné à avancer dans la lecture ; ne pas prendre de plaisir à ce que l'on lit n'aide pas à avoir envie de se laisser porter et de s'oublier dans le récit. J'aurais certes pu abandonner ma lecture, mais je voulais tout de même connaître le fin de cette histoire. Peut-être n'était-ce pour moi pas le bon moment de le lire ...

    Si cette histoire vous intrigue n'hésitez pas à lire ce roman, afin de vous faire votre propre opinion, car bien que le thème et le style choisi d'écriture ne m'ait guère plus, ce roman n'est pas dénué d'intérêt littéraire.

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