jeudi 29 mars 2018

Pactum Salis - Olivier Bourdeaut

Pactum salis, de Olivier Bourdeaut

253 pages
Éditions Finitude
Parution : Janvier 2018

4ème de couverture :
    Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit.

    Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s'apprivoiser, au coeur des marais salants. 



    Olivier Bourdeaut, un auteur qui a enchanté lecteurs et critiques avec son premier roman. Un premier roman que j'ai trop tardé à lire, vraiment !
Hors de question de réitérer cette bêtise, je me suis donc empressée de découvrir son second ouvrage dès sa sortie. Et ce que je peux vous dire : c'est qu'il est très différent du premier. Dans un sens, tant mieux, cela veut dire que l'auteur sait se renouveler.
    Certes nous retrouvons le côté original, voir un peu barré des personnages mais l'histoire elle est beaucoup plus dure, beaucoup plus cynique.

    Dans En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, nous entraine dans son livre dans un grand éclat de rire. Même si l'histoire est au fond assez tragique, ce n'est pas le sentiment qui domine dans l'ouvrage, mais cette douce folie, gaie et enfantine.
    Dans Pactum Salis, l'histoire est beaucoup plus sombre, beaucoup moins reluisante, plus lourde et plus lente également. Mais rassurez-vous : le tragique garde sa place.

    Dans ce roman nous faisons la connaissance de deux hommes que tout oppose : Jean, jeune homme taciturne qui est devenu paludier par manque d'ambition et d'envie de contact social. Michel, jeune homme ambitieux qui a réussit sa carrière d'agent immobilier et qui veut passer à l'étape supérieure en devenant son propre patron sur le marché de l'immobilier de luxe. L'un roule en Porsche quand l'autre roule dans une vieille guimbarde roulée et moussue. L'un vit à l'hôtel et dépense des fortunes en champagne quand l'autre vie dans une petite maison sans prétention dénuée de technologie moderne.
    C'est le hasard, ou plutôt une bonne cuite, qui mettra les deux protagonistes en présence. S'en suivra une relation pour le moins étrange, mi-amicale mi-hostile, qui ne fera que mettre chaque jour davantage en avant leur différence.
    Et puis il faudra que Michel s'acquitte de sa dette envers Jean. Mais de quelle dette peut-il s'agir ? La logique ne voudrait-elle pas que ce soit l'inverse ? Comment celui qui a tout peut-il devoir quelque chose à celui qui n'a rien ?
    C'est là que l'imagination d'Olivier Bourdeaut prend son envol et nous propose une histoire à la fois cocasse, dérangeante, prenante et légère à la fois.

    Dans ce second roman, Olivier Bourdeaut affirme son style. C'est à la fois particulier et très personnel. Un savant mélange de fantaisie et de cynisme, de violence et de tendresse, de banal et d'extraordinaire. Ce que l'on devinait s'esquisser dans En attendant Bojangles, semble ici se confirmer : Olivier Bourdeaut est un écrivain qui a du style et qui devrait se faire une place sur la scène de la littérature française contemporaine. En espérant toutefois qu'il sache se renouveler.

    Mais la plus grande force de cet auteur : se sont ses personnages. Il n'y a que lui pour nous proposer pareils spécimens. Ses personnages sont tous uniques, aucun n'est banal ou sans intérêt. Il sait leur donner du caractère, des rêves, des envies, des défauts et des qualités, de la folie, et ce relief qui les rend presque réel. Chaque être humain sur cette planète est unique et complexe et c'est sur ce schéma que sont conçus chacun de ses protagonistes.
   Tout repose sur eux, ils ne sont pas là pour donner du corps au récit, le récit est découle d'eux. Sans eux il n'y aurait que des pages blanches, car il n'y aurait rien à raconter.
    A la lecture de ce livre on a l'impression que certains passages n'ont été écrits que pour nous présenter un personnage auquel l'auteur tient beaucoup ; à la façon dont on organise un repas pour présenter un ami que l'on apprécie beaucoup. J'aime cette liberté que s'accorde Olivier Bourdeaut, et j'ai adoré quand il nous invite à découvrir Henri, ce personnage haut en couleur qui ne saura vous laisser indifférent et qui semble tout droit sorti d'un autre univers littéraire.

    Malgré le langage assez vulgaire des protagonistes, et leur rudesse, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, et j’attends avec impatience de voir ce que l'auteur nous réserve à l'avenir !

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