mercredi 29 mai 2013

Mémoire d'un chien jaune - O. Henry


Présentation de l'éditeur :

Six nouvelles qui recèlent de terribles morales déguisées en récits humoristiques. Aussi, au lecteur de deviner ce que l'auteur sous-entend lorsqu'il met en scène un chien jaune qui déteste par-dessus tout être cajolé et son maître qui, lui, mène une vraie vie de chien, lorsqu'un clochard met tout en œuvre pour passer l'hiver en prison, lorsque deux escrocs atteints de sénilité précoce partent vaillamment à l'assaut de Wall-Street, ou lorsqu'il livre la technique infaillible de l'art de la séduction. 







     O.Henry est un auteur américain qui a vécut de 1862 à 1910. C'est un drôle de monsieur qui a vécut au jour le jour, profitant de chaque instant sans penser à l'avenir. Sa vie a été une suite de rebondissements, qui ont fait de lui un écrivain de nouvelles justes et touchantes.
     Les 6 nouvelles contenues dans ce recueil ont toutes été écrites entre 1906 et 1910, mais n'ont pas été traduites et diffusées en France avant 1939.

     Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, c'est un genre que je trouve un peu bâtard car on y trouve aussi bien des textes de 3 pages que des textes de 100 pages. Mais à l'occasion ce n'est pas désagréable de se plonger dans un bon recueil.

     Le Chien Jaune
     Ou comment un chien qui en a marre d'être archi-dorloté par sa maîtresse essaye de redonner un éclat de vie au mari de cette dernière.
Ce chien est attachant, c'est notre chien à tous, mais c'est aussi un peu nous au final. L'humour est frais et décalé et la plume de l'auteur très légère.

"Si les hommes savaient comment les femmes passent leur temps quand elles sont seules, ils ne se marieraient jamais."

     L'Hymne et le Flic 
     Ou comment un sdf New Yorkais essaye de se faire mettre en prison pour passer un hiver au chaud, lavé, nourri et blanchi. C'est sa technique a lui, et on le suit dans ses tentatives pour se faire arrêter avec de petits délits qui font sourire. Un air de musique, écho du passé, vient effleuré ses oreilles, mais ...
    Soafy, c'est un personnage anonyme, qui fait sourire et qui est touchant. Un morceau de sa vie racontée sans façons. Qui fait prendre conscience d'une réalité : il est plus simple pour celui qui n'a rien de se remettre au main de la justice (humainement parlant), que de se rendre dans les nombreuses associations dites philanthropiques, où là rien n'est gratuit et ou l'humiliation est omniprésente.

" Les ambitions hivernales de Soapy n'étaient pas excessives : elles ne comportaient aucun projet de croisière en Méditerranée, de sieste sous les cieux tropicaux, ni de flâneries au pied du Vésuve. Trois mois en prison, c'était tout ce que réclamait l'âme spartiate de Soapy"

     La Paume de Tobin
     Ou comment les prédictions d'une liseuse des lignes de la main,paumière, peuvent se révéler justes à qui prend le temps de lire les signes.
L'écriture est beaucoup alourdi par l'ivresse du personnage principal. Il m'est totalement resté étranger et j'avoue ne pas avoir du tout accroché sur cette nouvelle.

     Le Manuel du Mariage
     Ou comment un livre de statistiques peut devenir un argument de séduction.
Le départ de la nouvelle est étonnant car il fait passer une idée propre à l'auteur qui n'a finalement pas grand chose avec le reste du texte. J'ai beaucoup aimé la dualité science/poésie, et comment la situation part à l'encontre de ce à quoi l'on s'attend avec une femme surprenante car insensible à la poésie au contraire de ces semblables.
   J'ai trouvé ce texte vraiment très vivant, presque destiné au théâtre et à l'oralité. Je me suis faite plaisir en le lisant à haute voix et en l'animant.

     L'Art et la Combine
     Ou l'arroseur arrosé ou plus simplement le filou filouté.
Je n'ai pas accroché du tout. Peut-être est-ce du au sujet ? à l'écriture plus lourde de dialogues et plus condensée. Les personnages me sont restés extérieurs et sans intérêts.

     La Dernière Feuille
     Ou comment un petit dessin peut rendre l'espoir et la vie à une jeune fille qui n'en avait plus.
Une très belle histoire d'amitié et d'espoir. Où un peintre réalisera le plus petit chef d’œuvre du monde, celui qui paraitra le plus anodin mais celui redonnera vie et espoir là où la mort guettait.
Une nouvelle pleine de simplicité et d'humanité, ou l'âme est à nue, ou les mots sont presques inutiles, ou l'auteur a su se retenir et s'effacer.

"Ce qu'il y a de plus solitaire au monde, c'est une âme qui se prépare à partir pour son lointain et mystérieux voyage"

    Ce recueil s'ouvre sur une belle tranche d'humanité, claire et franche venant d'un chien et se termine sur une encore plus belle humaine cette fois-ci. Les personnages de O. Henry sont tous en quête d'humanité et de vie dans un monde où elle a tendance à se cacher. Des personnages touchants par leur simplicité et leur discrétion.Chaque nouvelle laisse à réfléchir et donne une leçon de morale assez surprenante, pas de celles que l'on nous donne habituellement. Et la façon de faire de l'auteur est si douce, que ses leçons ne sont pas dérangeantes, au contraire, elles nous imprègnent. Je ne vous en dis pas plus, afin que vous puissiez avoir le plaisir de les découvrir par vous même.

    Ce livre a été une belle découverte, et j'avoue m'être fait plaisir en prenant le temps de lire chaque nouvelle à haute voix et en prenant le temps d'apprécier chaque mot.  Je pense que oraliser ces textes leur donne une dimension plus grande encore qui nous enveloppe et augmente leur écho en nous. La vivacité d'écriture et sa simplicité en font des textes que j'aurais envie de porter sur un plateau de théâtre.

Je le conseille à tout le monde jeune et moins jeune. Il peut être une bonne idée de lecture en famille.



     Je remercie les Editions Artibella de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage. Un petit clic sur l'image pour découvrir cette toute jeune maison d'édition Clermontoise.

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