vendredi 20 décembre 2013

Parce que tu me plais - Fabien Prade

Parce que tu me plais, de Fabien Prade

121 Pages
Editions NiL
Parution : Août 2013

4ème de couverture :
Paris 2013. Théo ne fait rien.
En tout cas, rien de ce qu'il faudrait faire, à 25ans, pour rentrer dans l'âge adulte.
Il glande, il fume, il boit, il baise, il se drogue, il sort, il ment. Et il aime ça.
Vivre comme dans un gigantesque opent bas.
Mais un jour, il rencontre une fille.
Une fille qui n'est pas pour lui.
Une fille des beaux quartiers.
Une fille bien.
Diane.

     Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour parcourir ce petit bouquin, et heureusement. Franchement je m'attendais à autre chose ! Ce livre est truffé de stéréotypes, de langage parlé et de rien. En fait c'est ça, ce livre ne parle de rien. Notre "héro" n'en ai pas un, et il n'est pas plus avancé à la fin du texte qu'à son début.
      Théo est un glandeur, un vrai, un pur, un dur. L'auteur nous laisse sous-entendre que ce dernier a plein de combines pour gagner de l'argent : RSA, vente de babioles sur internet, revente de drogues à ses potes, figuration dans un film, tournoi de poker (avec ces potes), pari en ligne ... Wahou ! Tout ça ! Mais ne rêvez pas, ce n'est que mentionner et ce mec n'est pas le roi de la débrouille. Nous allons surtout le voir picoler, glander sur son canapé, fumer des joints et ne rien faire. Ah si ! Il découvrira une autre occupation quand il rencontrera Diane : se balader. Oui parce que c'est bien connu, les filles un peu bourg', leur seule activité avec un garçon c'est se balader... ah si et pique-niquer sur l'herbe. Ahem ! Je vous parlais de stéréotype tout à l'heure ... vous comprenez mieux maintenant ?
     Donc nous avons notre glandeur de première, qui rencontre la jolie princesse Diane. Par le biais d'une copine débauchée de celle-ci, il va réussir à récupérer son numéro de tel ... lui laisser des tonnes de message. Et, miracle de l'existence, elle va le rappeler : pour avoir de l'herbe, mais pas pour elle, hein, pour sa copine américaine. Ben oui, bien sûr, on rappelle un mec que l'on ne connait pas pour ça... sans ce demander comment il a eu le numéro de téléphone, et sans passé par la copine qui elle le connait. Logique, logique.
      Donc suite à ça ils se voient, se revoient, se re-revoient. Il a envie de l'embrasser, elle aussi dit-elle, mais elle est fiancée, alors il ne faut pas. Son mec revient bientôt. Et en plus c'est une oie blanche qui genre, n'a pas d'amis puisqu'elle n'a que lui à appeler pour se changer les idées...
     Le dit-mec revient, et là Bim ! Il se retrouve nez-à-nez avec Théo un soir dans un resto à Paris,... logique et tellement probable... Quand tu penses que dans un village de 200 habitants tu arrives à ne jamais croiser certaines personnes, ... alors qu'à Paris cela paraît si simple ... Bref, je m'égare.
     Et vous savez pas le plus fou dans tout ça ? Les deux mecs vont devenir potes ! Mais oui, mais oui, le super fiancé propre, réglo, travailleur et joueur de squash, va venir glander avec Théo presque tous les jours ! Incroyable non ? Et le dit Théo lui ne voit plus Diane par contre pendant ce temps ...why ?
      Comme notre "héro" ne veut surtout pas travailler ... pourquoi faire ? L'auteur a trouvé une super astuce pour lui faire tomber un max de pognons direct sur son compte en banque, ben oui ... parce que la bédave, la picole dans les bars : ça coûte un peu de sous quand même !
     Bref ça ne tient pas la route une demi minute, toute cette histoire. M'est avis que la jolie Diane elle s'est bien payé sa tête à Théo. Et je me demande bien de quoi un idiot comme lui a pu parler, parce que sortie de la baise, de la fumette, de la picole et de la console, il n'y a visiblement rien qui n'intéresse ce jeune homme.
    Cet auteur fait comme s'il parlait de quelque chose qu'il connaissait, ce qui n'est visiblement pas le cas. Il a fait le choix d'un langage Jeun's pour soit disant plus de corps ou de profondeur à son texte : c'est raté.
     C'est franchement nul à lire et sans intérêt. Cela dit si vous cherchez un exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire en écriture, vous avez ici un parfait exemple : personnage creux et survolés, actions et décors quasi inexistant, mauvais français, pas de réelle construction...
    M'est avis que si l'auteur n'était pas connu pour d'autres raisons, ce premier roman n'aurait pas été publié. On ne peut décemment pas appeler cela de la littérature !

(Chronique rédigée volontairement dans un langage décontracté pour être plus en adéquation avec l'ouvrage)

    "Il y a des jours-clefs, dans la vie.
    Il ne se passe rien pendant des semaines, on se fait chier, et puis ça tombe. Les choses arrivent. A peine le temps d'en analyser les conséquences, que cette journée banale s'est transformée en le "jour où".
Le must, c'est quand c'est doublé. Le combe. Deux trucs vraiment lourds, le même jour. Ca m'est déjà arrivé quelquefois, c'est spécial."

jeudi 19 décembre 2013

Pascale et Christophe - Christophe Masson

Pascale et Christophe, de Christophe Masson

143 pages
Editions Baudelaire
Année de parution : 2009

4ème de couverture :
   Que reste-t-il d'une histoire d'amour, vingt ans après ? Quels souvenirs ? Quelles images ?
    Durant la parenthèse enchantée des années 1975-85, après la pilule, avant le sida, Pascale aime Christophe, Christophe croit aimer Pascale. Pendant dix ans, ils ne cessent de se perdre et de se retrouver, entre Clermont-Ferrand, Londres, les États-Unis, Abidjan… 
   Dans la mémoire surnagent des chansons de Téléphone et du Velvet Underground, une odeur de chèvrefeuille, des films de Wim Wenders, une virée alcoolisée sur les terres d'Antoine Blondin, le fil sans fin des highways américaines, une fille qui voulait voir plus loin que l'horizon et les maladresses d'un garçon qui n'avait à offrir que du vent et des caresses. 
    Pascale et Christophe. Le passé les liait à jamais et les séparerait pour toujours. Comme si on s'attachait le plus à la personne qui nous a le plus fait souffrir.

     Un de mes livres coup de coeur, lu il y a déjà quelques temps, je me rends compte que j'ai un mal fou à en parler, à mettre des mots sur mes émotions, et du coup je repousse sans cesse à plus tard cette chronique.
     Aujourd'hui, il est temps de m'y mettre ; alors peut-être qu'elle ne sera pas parfaite, peut-être sera-t-elle incomplète, mais au moins elle sera là pour vous faire découvrir ce chouette livre à compte d'auteur.
     Christophe Masson est un auteur clermontois, qui a déjà publié une poignée d'ouvrages, des récits de voyage pour la plupart. Ce titre-ci est plus personnel, il raconte le jeune-homme qu'il était à la fin de ses études, ses rêves, ses espoirs et surtout son histoire d'amour tumultueuse avec une jeune fille, Pascale. On y retrouve bien sûr des récits de leurs escapades à l'étranger, car impossible à nier : Christophe aime voyager.
      Pour faire court, il est passé par l'école de commerce de Clermont-Ferrand, où il rencontrera Pascale et dont il en ressortira sans goût pour les affaires. Ce qu'il aime, ce sont les livres, les voyages et la musique. Il aime faire la fête le soir et rêve d'être écrivain. Pascale quant à elle, est plus réaliste, elle est bosseuse, aime ce qu'elle fait, est une amoureuse passionnée et admire Christophe.

      Pendant des années elle se tiendra en retrait derrière lui, pensant avoir du retard sur lui, en littérature surtout. C'est une jeune femme amoureuse, et comme beaucoup de jeune femme amoureuse elle ne vit qu'au travers de son amour et de Christophe, elle ne voit pas ses propres richesses et ses propres facultés. Elle s'oublie petit à petit, jusqu'à ce que les aléas de la vie, lui en fasse prendre connaissance, et qu'elle se mettra à vivre pour elle.
     Si la vie n'est pas toujours facile, et pas toujours tendre, Christophe ne l'est pas toujours non plus avec elle. Fougueux, il voudrait tout : le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. Mais vient le moment où il faut faire des choix, qu'ils feront à tour de rôle, blessant l'autre et se blessant eux-mêmes au passage.
     Leur histoire s'étalera sur dix ans. Dix ans de bonheur bien sûr, mais aussi de heurts, de blessures, de larmes, et de remises (ou non) en question. Les années passent et ont raison de leur insouciance, leur montrant ainsi les failles de leur relation.
      Dans ce livre Christophe Masson prend un risque, celui de parler de lui-même, de celui qu'il a été et ce n'est jamais simple ; il est dur d'être objectif sur soi-même. Plutôt que de nous servir un énième texte à la première personne, où le narrateur se juge sans cesse ; il a fait le choix extérioriser le personnage de Christopphe, de s'en désolidariser et de nous proposer un texte à la troisième personne, où l'on voit évoluer les personnages, sans prise de position directe de sa part. Il laisse le lecteur seul juge et c'est appréciable.
      Ce texte est une merveille à lire.Il fait parti, pour moi en tout cas, de ces textes si plaisant, que je ralenti ma lecture pour en profiter plus longtemps. 
      Un chouette récit que je vous invite vivement à découvrir, une histoire belle, simple sur font de voyages, de musique et de littérature.Un livre intime et intimiste.

      "Tomber amoureux est plus confortable qu'aimer. Aimer vous contraint à choisir, à prendre l'autre en considération, à l'intégrer à votre vie, et c'est là une responsabilité bien lourde. L'amour est attirant et inquiétant."

     "Terrible constat : tant qu'on ne tient pas les gens, on a peur de les perdre, et dès qu'on les tient, on n'a plus envie de les garder."

     "Mais Christophe se sent comme un type qui, après avoir tambouriné une éternité à la porte de sa maison, finit par y entrer, regarde ce décor trop familier et pense : "Je n'ai pas envie de vivre là". Alors, il se tait, petit bonhomme fait de rêveries qui a l'art de se fracasser contre la réalité."

     "Le passé les liait à jamais et les séparerait pour toujours. Comme si on s'attachait le plus à la personne qui nous a fait le plus souffrir."



vendredi 13 décembre 2013

Deux Ex Machina - Alex Evans

Deux Ex Machina, de Alex Evans

54pages (affichées sur mon kindle)
Editions Booxmaker, Collection Oneshot Chrono
Parution : Octobre 2013
Livre électronique

Présentation de l'éditeur :
Le Professeur Vadim peut être fier de lui: il vient de concevoir la machine ultime, capable de fabriquer aussi bien un sous-marin qu'une glace à la fraise, en quantité infinie et sans la moindre pollution. Cette invention devrait assurer un nouvel âge d'or pour l'humanité, la disparition des maladies et, accessoirement, la suprématie de son pays sur ses rivaux. Flanqué de deux assistants hauts en couleurs, il s'attèle à la mise au point du prototype...


 J'ai reçu ce livre en partenariat avec les éditions Booxmaker et le forum Livraddict, et je les en remercie.  

      C'est un petit livre amusant, prenant et bien écrit. Il est présenté sous forme d'un compte à rebours. Le temps est la clef de tout. Une seule petite erreur de timing et se sera le drame. Mais le drame pour quoi ?
Vadim est un scientifique, mais pas un de ces scientifiques que tout le monde adule, non pas encore, c'est un petit professeur qui fait des recherches dans son laboratoire, ignoré de tous. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il s'est spécialisé en magie. Dans son "monde" la magie est une discipline scientifique, mais elle n'est pas aussi reconnue que les mathématiques, la physique ou la chimie, elle est plutôt méprisée. Pourtant Vadim croit en elle, et à force de recherches il invente la machine la plus audacieuse et la plus incroyable au monde : une machine à capturer la magie.
     Car voyez-vous la magie est cyclique, elle passe un certain temps sur ce plan astral, avant de disparaître dans un autre pendant plusieurs siècles, privant ainsi l'humanité de son utilisation. Vadim ne l'entend pas ainsi et compte emprisonner celle-ci dans sa machine avant son passage sur l'autre plan. Une fois la magie emmagasinée, il pourra en faire tout ce dont il souhaite : glace à la fraise ou sous-marin, peu importe tout sera à portée de main. (Les réactions de certains face à cette nouvelle est fort intéressante d'ailleurs)
       Mais a-t-il réfléchi à ce qu'il fera de toute cette magie accumulée ? Non, pas encore, il est pressé par le temps, il en manque pour réaliser son incroyable machine, il a besoin de temps et d'argent.
      Il se rend donc au ministère pour essayer de débloquer des fonds, et contre toute attente, ils lui sont accordés sans le moindre soucis. Tout peut enfin commencer. Vadim  va pouvoir se concentrer sur sa machine. Il lui faut des assistants ? Pas de soucis le ministre lui en fournit deux. Deux originaux avec qui Vadim aura le plus grand mal à s'entendre. Mais peu importe, la machine avant tout.
      Avant tout ? Non pas tout à fait, il y a aussi le projet du ministre ... Un projet incroyable et ambitieux, sur lequel Vadim doit plancher rapidement. Les délais sont courts, et la tâche immense. Et c'est sans compter les questions loufoques que lui pose son assistant. Loufoque ? Peut-être pas finalement...


       Ce texte décrit l'incroyable recherche d'un inventeur, de son énergie à mener à bien son projet et son manque de recul par rapport à celui-ci. Concentré sur son invention première, tout à la joie de pouvoir développer son invention, il exécute sans se poser de questions les demandes du ministre en lien avec sa machine.
      Cependant ce projet est grand et non sans conséquences pour l'humanité. Mais qui s'en préoccupe ? Sûrement pas Vadim tout à l'urgence de sa réalisation, sûrement pas le ministre, gonflé d'orgueil et d'égoïsme ? Qui alors ? Hyacinthe ? Victor ? les deux assistants de Vadim ? la presse ?
 

        C'est l'exemple typique d'une projet scientifique qui échappe aux mains de son créateur quand les politiciens s'en mêlent, et que celui-ci ne prend pas le temps et le recul nécessaire pour mesurer les conséquences de ces actes.
        Le récit accentue fortement le fait, qu'en cas d'invention et de réalisation si incroyable, qui remporte un tel succès, il est bon d'avoir autour de soi des personnages qui permettent de garder la tête froide et qui soulèveront les interrogations nécessaires.
        Hyacinthe, avec son mysticisme et sa spiritualité, questionnera à plusieurs reprises Vadim sur la façon dont les Dieux accepteront ou non, l'incroyable kidnapping de la magie que celui-ci veut entreprendre, déséquilibrant ainsi l'ordre établit. 

         Nous ne connaissons que peu Victor, car il apparaît très vite comme antipathique à Vadim, et nous voyons l'histoire à travers ce dernier, son ressenti et son excitation. Mais Victor n'est pas là par hasard, et s'il sait se faire oublier, il n'a pas pour autant dit son dernier mot.

       J'ai beaucoup aimé les précisions techniques apportées tout au long du récit, qui font qu'on y croit, on se prend même à essayer de réfléchir à comment fonctionne la machine et à quoi elle peut ressembler. Je l'imagine à l'ancienne, avec plein de rouages, de boulons, de cuivre, pardon, d'orichalque, de grandes cuves avec de grands tuyaux, un peu de laiton aussi, de jolis cadrans anciens avec des aiguilles forgées, ... très Jules Verne, très Steampunk. Cela laisse rêveur !

       
       Et c'est à la fin que l'on réalise que l'auteur fait un pari osé : nous proposer à demi-mots une version de la disparition de l'Atlantide. Et tout y est : les raz de marées, les tremblements de terre, ... et j'ai envie de dire : chapeau bas monsieur l'auteur ! Car l'histoire tient solidement la route, malgré sa part de rêve et d'imagination !

       C'est un texte très actuel, qui se met bien en parallèle avec l'actualité mondiale. Qui soulève des questions sur la façon dont notre monde est géré, où l'égoïsme prédomine, où l'on a tendance a oublié la misère et la détresse du voisin, du moment que notre pays est à l'abri. Toutefois l'auteur n'affiche pas ouvertement ce parti-pris, c'est moi qui fait ce lien. Ce roman peut tout à fait être lu dans son plus simple appareil : c'est à dire une histoire steampunk, sur fond d'imagination débordante !

       C'est Bénabar qui chantait l'Effet papillon, il me semble, et vraiment cela colle bien à cette histoire.

       Un petit texte savoureux que j'invite tous les Steampunk et/ou amoureux de Jules Verne à lire, vraiment vous ne perdrez pas votre temps. En plus d'être rythmé, bien écrit, il contient une pointe d'humour rafraîchissante !
      Dépaysement garanti !


      "Lui, Vadim, allait réaliser le vieux rêve de l'humanité : mêler la mécanique et la magie, me matériel et l'immatériel, la matière et l'esprit. Il avait conçu une machine capable de capturer toute la magie brute de l'univers dans son réservoir avant d'en produire tout et n'importe quoi : de la glace à la fraise au cuirassé insubmersible !"

      "En tout cas, avec votre invention, Professeur, vous allez enlever à la vie le peu qu'elle avait de drôle, énonça soudain Victor."


      "Parce qu'entre le raz de marée et les changements de climat, votre invention géniale va détruire toute l'Humanité restée sur le sol ! Personne ne s'en est préoccupé parmi votre bande d'égoïstes ! Je suis peut-être un sale type, mais même pour moi, c'en est trop. D'autant plus que mes enfants font partie de cette Humanité-là ! Je n'ai pas été un père exemplaire, mais je me dois au moins de les garder en vie !"

lundi 9 décembre 2013

Une vie dans un tableau - Aline Tosca

Une vie dans un tableau, de Aline Tosca

 200 pages environ (comptées sur mon kindle)
Editions VFB
Parution : octobre 2013
Livre électronique

Présentation de l'éditeur :
Aline Tosca est l’auteur de nombreuses nouvelles érotiques parues aux éditions de La Musardine. Si l’écriture érotique est son domaine de préférence, elle aime aussi raconter des histoires sentimentales. Une vie dans un tableau est un recueil de nouvelles et de poésies qui s’inscrit dans ce qu’on appelle aujourd’hui la catégorie Romance. Passion, jalousie, tendresse, douceur : la palette des sentiments est grande et se décline de multiples façons. Des histoires qui racontent comment la jalousie peut pousser au pire, des histoires d’amour tendre, des histoires nostalgiques, des poèmes modernes comme le slam, des poèmes qui vont chercher dans la tradition de la poésie d’amour orientale, comme le ghazal. Un recueil homogène qui ose le mélange des genres, comme on faisait du temps des livres romantiques.

     J'ai reçu ce livre en partenariat avec les éditions VFB et le forum Have a Break, Have a book, et je les en remercie. 
     Ce livre se compose de deux parties : une première comportant des nouvelles et qui représente un peu plus des trois quarts du livre, et une seconde comportant des poèmes. J'ai plus accroché sur la première, même si je l'ai trouvé assez déroutante. Je m'explique : les derniers recueils de nouvelles que j'ai lu étaient des recueils basés sur un seul thème, écrites et conçues pour être ensemble, ici ce n'est pas le cas. Il y a bien quelques thèmes communs entre certaines nouvelles, mais cela reste épisodique.
      Dans ce recueil, on plus l'impression de lire une journal de ressenti, un peu comme si on nous mettait entre les mains le carnet de notes de l'auteur. Il n'y a pas de construction précise du recueil, les nouvelles se suivent et ne se ressemblent pas.

      A travers ces différentes nouvelles l'auteure teste différentes approches et techniques d'écriture, et il faut bien l'avouer, cela marche plutôt pas mal, sa plume est souple et sait s'adapter au cadre littéraire choisi.
     Pour certains textes de cette première partie, je ne trouve pas que le terme "nouvelle" soit adéquat, "poème en prose" m'aurait semblé plus juste, car Aline Tosca joue beaucoup sur la sonorité et l'écho poétique des mots et du langage.

      J'ai commencé à lire le recueil en lecture silencieuse, mais je me suis vite aperçue que l'oralité était nécessaire à certains textes, et de par là même de leur construction : phrase courte, ponctuation omniprésente ou parfois totalement absente. Ses mots ont besoin de sonner et de résonner.
      J'avoue que peu de ces textes m'ont réellement touchée, mais peut-être tout simplement parce qu'ils n'ont pas fait écho avec ma vie personnelle. J'ai cette impression que Aline Tosca nous livre des boîtes de mots, dans lesquelles nous pouvons ranger nos émotions, nos souvenirs et notre ressenti ; il y a beaucoup de place derrière ses mots. Mais ce n'est pas toujours le cas, dans certains textes, les mots prennent toute la place et nous ne sommes plus que lecteur-spectateur.
      Il y a dans certains textes une part d'absurde, de rêve ?, une certaine continuité discontinue, une logique illogique qui nous captent et égarent le lecteur dans les méandres de sa propre pensée. Les mots en deviennent fascinants. 

      Si je devais préférer une nouvelle aux autres, ce serait "nos solitudes"... il ne fait aucun doute que c'est celle qui m'a le plus touchée.

     Je vois ce recueil comme une sorte de performance littéraire où l'auteure s'essaye à différents styles, se laisse aller au fil de son inspiration. Il serait très intéressant d'y adjoindre une performance scénique...
     C'est un recueil à lire pour la gourmandise des mots, pour des amoureux des mots.




      "La magie vivra si je me donne la peine d'être à la hauteur d'un amour qui n'a pas de prix, ne s'évalue pas, ne se marchande pas, inestimable absolu infini."

     "Elle lui sourit. Comme à un enfant. Comme à un amant. Comme à un amour qu'on a du mal à apprivoiser."

     "Si vous cherchez l'histoire dans les prises de vues ce n'est pas la peine de lire. Au mieux il y a des images, un bout de pellicule qui fige ou qui anime, des impressions, aux mieux se sont des moments de vie et il n'y a pas plus d'histoire dans ces clichés que dans la vie. Vous voyez, c'est juste des gens et il n'y a pas plus d'histoire dans leur vie que dans la vôtre. Et même, il y en a moins au fils des mots. Alors vivez si vous m'en croyez et par procuration le moins possible ..."

C'est lundi que lisez-vous ? [16]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :


1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Ce que j'ai lu la semaine passée :

Du 2 au 9 décembre.
Je le confesse, je n'ai que très peu lu, parce que je suis un peu malade et que du coup j'ai fait d'autres choses...
Seulement deux livres lus cette semaine : Une vie dans un tableau, de Aline Tosca, un recueil de nouvelles et de poésies dont vous allez entendre parler très vite ... ce soir ou demain. Surveillez vos écrans !
Et un chouette livre sur l'histoire d'une chocolaterie : La Dynastie des Chevaliers, de Emmanuelle Friedmann ; un vrai plaisir à lire, à accompagner d'une tablette de chocolat pour éviter toute frustation ! Je vous en reparle aussi très vite !


- Une vie dans un tableau, de Aline Tosca
- La Dynastie des Chevallier, de Emmanuelle Friedmann


 Ce que je suis en train de lire :

Depuis que j'ai refermé mon livre hier soir (ou devrais-je dire ce matin très tôt ... bref), depuis que j'ai refermé mon livre, je ne me suis pas encore plongée dans le suivant. J'hésite encore...
Mais en travaillant, j'ai lancé un livre audio : La liste d'envie,de Grégoire Delacourt. C'est très plaisant, aussi bien l'écriture que la lecture. Je retourne de ce pas continuer mon ouvrage pour écouter la suite !


 - La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt

 Mes prochaines lectures :

On verra ça tout à l'heure, au feeling !


Et vous que lisez-vous ?

dimanche 8 décembre 2013

Marathon de lecture d'hiver - Suivi

Ce week-end , Petit Speculoos, Chicky Poo  et  Samarian organisent un Read-a-thon aux couleurs de Noël et de l'hiver.

      Je n'avais pas le temps et l'envie de participer hier, mais aujourd'hui je suis bien motivée pour lire toute la journée. Le soleil  a même décidé de se montrer pour m'encourager !

     Je mettrai ce billet à jour tout au long de la journée, comme le font les copinautes.

      10h30 : Aller c'est parti ! Je suis un peu en retard pour le début du marathon, tant pis, on est dimanche, j'ai laissé le réveil naturel prendre le dessus.
Je vais commencer la journée tranquillement avec le recueil de nouvelles et poèmes commencé sur ma liseuse et j'irai faire un saut à la boulangerie. Bonne lecture à toutes et tous !

     16h40 : Plonger sous sa couette avec un livre et un doliprane n'était pas l'idée du siècle pour commencer la journée .... je me suis endormie avant la fin. Pfff ! Petit retour à la vie réelle pendant quelques heures. Et là je vais m'y remettre, avec un  nouveau livre qui me tend les bras depuis un moment, je finirai le recueil ce soir avant d'aller dormir. Mais cette fois je vais être prévoyante et me contente du canapé ou du fauteuil avec un plaid et un chocolat chaud ! A plus tard !

     18h30 : Je suis plongée dans La Dynastie des Chevallier, de Emmanuelle Friedmann. C'est un chouette roman parlant de l'essor d'une chocolaterie. A lire impérativement avec une tablette de chocolat à portée de main ! C'est passionnant et bien écrit. J'y retourne vite vite vite !

     22h30 : Pas facile de prévoir ce genre de challenge lorsqu'on est maman et que l'on a une petite puce qui déborde d'énergie, et qu'en plus on est malade ... J'ai lu seulement la moitié de mon livre car j'ai été interrompue sans cesse. Tant pis. Je vais continuer ma lecture, au chaud sous mon plaid avec un chocolat chaud et ensuite j'irai dormir. 

    Bilan : J'adore l'idée de consacrer une journée entière à la lecture, mais je constate que j'y arrive davantage quand ce n'est pas prévu ... Je n'ai pas beaucoup lu : pas la forme, pas vraiment le temps non plus. Mais les pages que j'ai lu étaient un vrai plaisir.
     A une prochaine pour un autre marathon lecture, peut-être un chouilla mieux organisé niveau logistique domestique ...  
 

samedi 7 décembre 2013

43 Post-it - Sarah Riggs

43 Post-it, de Sarah Riggs

54 pages
Traduit de l'américain par Marie Borel & françoise Valéry
Editions de l'Attente
Parution : février 2009

Présentation de l'éditeur :
Un Post-it  peut être «post-scriptum» lors d’un envoi postal, aide-mémoire, mot doux ou pas à son ami(e), indication précise sur le bureau de sa secrétaire. Les 43 Post-it de Sarah Riggs nous emmènent loin d’une matérialité liée au quotidien et sont malgré tout ancrés dans nos préoccupations philosophiques et politiques. Chaque page de ce livre fait réfléchir. Méditation, questionnement parfois violent de notre présence au monde et de son appréhension. 43 Post-it offre une lecture intime grâce à une traduction millimétrée.

     Un petit livre original et étrange que j'ai trouvé par hasard sur un présentoir de la bibliothèque. La photo ne lui rend pas justice, en vrai il est jaune fluo et rose fluo, couleurs post-it. Et fait assez étonnant, je trouve qu'il sent aussi le post-it ... c'est rigolo.
     Autant vous dire qu'il se lit vite : il se compose de 43 phrases, une par page. Je suppose que l'on peut en lire une par jour et méditer dessus ; ou comme moi lire le tout d'un seul coup à voix haute.
     J'ai trouvé certaines phrases pertinentes, d'autres poétiques, mais beaucoup : incompréhensibles. Le livre est dédié à quelqu'un, j'espère que ce quelqu'un est plus à même de le comprendre que moi. A moins que ce ne soit les effets de la traduction, mais je ne pense pas.
     Les phrases sont des pensées, comme il peut nous en venir parfois à l'esprit, sur des sujets précis, mais souvent difficile de saisir hors contexte. Certaines paraissent personnelles, mais elles ne peuvent nous toucher sans que nous connaissions le passé et le vécu de l'auteur.
     Certaines phrases touchent à l'absurde, à la réflexion extravagante, d'autres se posent comme des vérités.
     Je pense que ce livre est un vaste champ de possible, qui résonnera en chacun de nous de façon différente.

     "11 - Je n'avais pas réalisé à quel point nos énergies sont limitées. J'en ai beaucoup dépensé en joie et en tristesse. Mais te l'écrire m'apaise."

     "27 - Je ne peux pas revenir pourtant c'est tout ce que je fais."

     "28 - Nos rêves ont besoin de leurs cauchemars ne serait-ce que pour chevaucher quelque autre animal."



vendredi 6 décembre 2013

Bilan du mois - Novembre 2013

Encore un mois qui a filé, plus vite que l'eau dans la clepsydre. J'ai l'impression d'avoir fait beaucoup de choses ce mois-ci, mais pas d'avoir consacrer beaucoup de temps à la lecture.
Petit bilan rapide :

 9 livres lus, dont 3 partenariats et 1 jeunesse.
1 seul livre électronique pour 8 livres papiers.
6 livres de la bibliothèque et 0 zéro de ma Pal perso


 - Adieu Zola, de Romuald Olb Oudjani
- La foire aux célibataires, de Xavier Patier
- Aveux de l'autre (PAS SI) Grand Méchant Loup, de Catherine Gérard-Audet


 - Méfiez-vous des enfants sages, de Cécile Coulon
- Parce que tu me plais, de Fabien Prade
- Face aux démons, de Etienne Bar



- Le goût des souvenirs, de Erica Bauermeister
- On ne badine pas avec l'amour, de Alfred de Musset
- Billie, de Anna Gavalda

(les chroniques manquantes seront publiées dans la semaine, elles sont déjà rédigées)

De belles lectures, mais pas vraiment de gros coup de cœur ce mois-ci, en même temps ceux-ci doivent demeurer rare, sinon cela perd tout son charme. C'est comme ça que je vois les choses du moins.

Je vous disais dans le bilan d'octobre vouloir davantage lire de livres papiers, challenge réussit ! Je n'ai lu que le Goût des Souvenirs sur ma liseuse, car c'est un livre à paraître en janvier aux Editions Charleston.

Je m'étais inscrite au challenge 1mois -> 1000pages, par curiosité, et bien que j'ai l'impression d'avoir peu lu, j'ai dévoré pas moins de 1887 pages.

Le mois prochain je vais essayer de piocher davantage dans ma Pal, et moins dans les rayonnages de la médiathèque. J'ai pris le temps de référencer tous les livres que je possède, et il y en a un paquet que je n'ai pas lu... et le pire, c'est que je meure d'envie de plonger dedans !

Je vous souhaite un bon mois de décembre !




Une ancienne retraite - Gortan Narog

Une ancienne retraite, de Gortan Narog

35 pages
Auto-édition
Parution : Septembre 2013
Livre électronique

Présentation de l'auteur :
"L'Amérique d'aujourd'hui, un retraité à priori sans histoire, un agent secret et une dernière mission menant à un village perdu...Une aventure vous emmenant au coeur de l'Histoire.
Etes vous prêt à mener l'enquête?"


J'ai découvert Gortan Narog par hasard avec sa nouvelle Les Déboires fantastiques d'un livreur de pizza, que j'avais adoré. Il faut dire que lorsque je l'ai lu, il faisait écho avec ma vie personnelle. Suite à ma lecture de ce récit, j'ai rédigé une chronique dont j'ai envoyé le lien à l'auteur via facebook, on a un peu discuté et sympathisé. J'avais beaucoup apprécié sa plume et son style, donc lorsqu'il a annoncé la parution de son nouvel e-book, je l'ai téléchargé les yeux fermés.

      Peut-on être quelqu'un de normal lorsque toute sa vie n'a été qu'une suite d'aventures plus palpitantes les unes que les autres ?
Que l'on a vécut au grand jour dans le plus grand anonymat ?
Peut-on redevenir Monsieur-Tout-Le-Monde ?
Peut-on s'empêcher de toujours vérifier la sécurité des alentours ?
Peut-on encore se fier aux genrs ?
     Ce sont les questions que se pose cet agent secret à la retraite. Pour plus de simplicité nous l’appellerons ici "Agent", pour ne pas trahir certains éléments du texte. Donc, Agent est à la retraite depuis quelques années, et si pendant ses années de service, il a toujours été parfait, remplissant ses missions sans la moindre fausse note, on ne peut pas en dire autant depuis quelques années.
      Depuis qu'ils lui ont fait comprendre à demi-mot qu'il devenait trop vieux pour les missions risquées, que le monde avait trop changé pour qu'il puisse s'adapter aux nouvelles missions, en un mot, depuis qu'ils l'avaient mis à la retraite.
     Agent déteste cette idée, pendant toute sa vie, il a parcouru le monde, pris des risques chaque jour que Dieu fit, et il devrait maintenant se contenter d'un quotidien calme et vide ? Sans la moindre pointe d'adrénaline à l'horizon. Forcément, Agent a du mal et commet quelques erreurs, ce qui amènent plusieurs fois le gouvernement à devoir le déplacer et changer son identité. Mais ses employeurs s'épuisent à devoir encore le gérer alors qu'il n'est plus en activité. Ils leur faut trouver une parade, et vite. Après une nouvelle bourde d'Agent, ils le convoquent et décident de lui confier une dernière mission, un peu originale. Mais chut ! je ne vous en dis pas plus ! A vous de découvrir laquelle !
     C'est un très beau texte, d'abord basé sur l'action, mais qui cache surtout une réflexion intéressante sur la vieillesse : que faire quand notre corps nous trahit ? Comment le vit-on ?
     La plume de Gortan Narog, est comme toujours : soignée et précise, très agréable à lire.
     Le texte ne comporte pas la moindre faute, puisqu'il prend toujours grand soin de se faire relire par une correctrice et vous pouvez également voir qu'une couverture a été réalisée spécialement pour cet e-book. Des petites choses, qui comme ça peuvent paraître anodines, mais qui font toute la différence pour nous, lecteurs.
     Ce petit texte très original se lit vite et tout seul, je ne peux que vous ne conseiller.

      "Cela lui manquait. Une énergie nouvelle l'envahit. L'excitation de vivre en des temps troublés refait surface. Stanislas se sent utile. Il a l'impression de faire partie de l'Histoire et d'y participer grandement. En un mot, c'est formidable, même si les choses sont différentes. Ce n'est qu'un petit village perdu dans la campagne."

     "Tout lui rappelle sa jeunesse d'antan et ses années de service en tant qu'agent américain. Pourtant, tout est différent. Le monde a changé et il n'est plus le même. Mais en vivant ici, il semble être condamnée à revenir vers un passé révolu."

     "Le bonheur nécessite quelques sacrifices. Notre temps est révolu. Le monde a changé et il ne veut plus de nous. Mais nous avons toujours le moyen de construire le nôtre."



mercredi 4 décembre 2013

Face aux démons - Etienne Bar

Face aux démons, de Etienne Bar

509pages
Editions Libreterre
Année de parution : 2012

4ème de couverture :
Fronin est un guérisseur paisible au sein de la Confrérie des Edrulains. Mais il se dévoue plus à son art qu’à son épouse… La politique edrulaine le jette dans un conflit entre Borênans arriérés, menés par un seigneur de guerre ambitieux, et Verougues brutaux et impérialistes. Happé de batailles en trahisons, Fronin retrouve Néalanne, son premier amour, peut-être pour se perdre à jamais. Il doit prendre ses propres décisions ou rester la marionnette de conflits qui le dépassent… et de ses propres démons.

    J'ai reçu ce livre en partenariat avec l'auteur et le forum Have a Break, Have a book, et je les en remercie.

      Face aux démons, est un livre de fantasy qui découle d'un jeu de rôle d'après ce que j'ai pu comprendre sur le site de l'auteur. En effet cela se sent pendant la lecture, notamment de par la très grande utilisation de dialogues. Les personnages avancent et évoluent au fil de l'histoire à travers leurs échanges verbaux, tout comme les joueurs d'une partie de jeu de rôle. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela n'alourdit pas le récit, au contraire, cela lui donne de l'énergie et un certain élan. De ce fait, les descriptions sont réduites à leur stricte nécessaire et c'est tant mieux. D'ailleurs sur ce point j'ai beaucoup aimé la petite note à l'attention de Véronique dans les remerciements, et j'ai envie de lui dire merci également ! Car grâce à elle le récit est léger et non chargé d'adjectifs inutiles (travers très fréquent chez les jeunes auteurs où un nom propre = un adjectif accolé,bien souvent).
      Autre choix très judicieux de l'auteur pour ce récit : le narrateur change régulièrement, on a ainsi une vision très globale de la situation. L'auteur ne confie pas seulement la parole aux personnages principaux, un quidam de passage peut avoir son instant de narration, enrichissant ainsi le texte. Le narrateur change, mais le style reste cependant le même, il n'y a pas de différences dans la façon de s'exprimer des différents personnages, certains sont peut-être plus sentimentaux que d'autres, mais sans plus. J'avoue parfois être revenue en arrière pour vérifier à qui était le tour de narration, mais cela n'a gêné en rien ma lecture, je vous rassure.
      L'histoire se passe dans les Folandes : groupement d'îles aux peuples très différents. Nos protagonistes principaux habitent sur Libreterre : une terre d'accueil, de partage et de savoirs. Sur cette île pas d'argent : on partage et entretien ensemble les ressources communes. Cette terre d'asile accueille régulièrement des êtres des îles alentours venant y chercher refuge. Qui le souhaite peut devenir Libreterran à condition d'en accepter les lois et coutumes. Une ville s'est contruite : La Tour, sur un lieu où la magie est forte et abondante. Les gens de cette ville ont créé une communauté : les Edrulains, qui a pour idéal et but de garder la paix dans les Folandes. Devenir Edrulain est un choix qui doit se faire de façon réfléchi. La Tour est également un haut lieu de savoirs et de magie. Les protagonistes que nous allons suivre au cours de ce récit font majoritairement partie de la Confrérie Edrulaine. Fronin, Elianelle, Ledane, Nealanne, Ladorne, Lordel, etc... tous de jeunes gens engagés dans la paix et qui n'hésitent pas à risquer leur vie si besoin est. Ils sont d'une très grande loyauté les uns envers les autres, ce qui les amènera parfois à devoir enfreindre lois et limites pour se secourir. Mais si la magie s'avère être une alliée puissance, elle n'est pas suffisante à elle seule pour garder la paix, c'est pour cela que la Confrérie est composée de fins stratèges et que la politique (même si le terme n'est pas employé dans le texte) est reine. Toutes les actions des Edrulains sont pesées et analysées : le pour, le contre, les effets immédiats, et les effets secondaires, le court-moyen-long terme est évalué. Il vaut mieux parfois donné un coup de mains à ses ennemis contre d'autres ennemis commun pour se protéger soi-même, et cela la Confrérie l'a bien compris. Nous n'avons pas là une vision manichéenne du monde, et c'est tant mieux !
     Au milieu de tous ces stratagèmes et ruses politiques, nous suivons plus particulièrement Fronin de Lyr. Né sur Borêne, il y vécu une enfance plus que malheureuse, il sera recueilli par les Verouges avant de rejoindre Libreterre. Fronin est un guérisseur hors paire et possède un don inné pour les langues. Homme pacifique de nature, il cherche à comprendre avant de juger, et préfère la diplomatie à la guerre. Mais comment trouver sa place lorsque l'on lui signifie que son don est unique ? qu'on lui dit qu'il doit se préserver et se reposer alors qu'il n'aspire qu'à soigner encore et encore ? quand il sent qu'il n'en a pas le choix ? quand il se sait amoureux d'une femme a des lieux de lui et que celle dans son lit attend ce qu'il ne peut plus lui donner ? Etre Edrulain, c'est aussi ne pas avoir le choix et devoir obéir sans sourciller aux ordres du Conseil des Grands Maîtres. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir ces quelques années mouvementées de sa vie.
     Heureusement que les amis sont toujours là.
     A travers le livre nous pouvons retrouver certains débats qui occupent notre société. Sur les Folandes plusieurs religions se côtoie et l'on ne peut que relever certains clins d'oeil aux grands courants religieux de notre monde. Les Servants de l'Unique ne sont que des hommes, qui plus est font voeux de chasteté ... ce n'est pas sans rappeler quelque chose. Les femmes des Borênans sont voilées et portent de amples vêtements... mais pas partout, dans certaines contrées elles ont le choix de le porter ou non... L'auteur est habile, car ce sont de petits détails glissés par-ci par-là dans le récit, dont toujours ressort l'idée de tolérance et la demande de compréhension. J'ai souri au moment où le Haut Dignitaire des Servants de l'Unique émet l'hypothèse que Lokar et l'Unique ne puissent être qu'un seul et même.
      Le récit est truffé de petites choses comme ça qui nous ramènent à notre monde, et l'auteur tente de nous démontrer que si on acceptait la différence de son voisin au lieu de se braquer contre celle-ci, nous serions tout aussi, voir plus heureux encore.
      Pour conclure, Face aux démons, est un livre passionnant, qui se lit bien malgré la multitude de personnage, mais pour lequel je pense qu'il faut prendre son temps afin de bien le savourer. C'est un monde à part, mais pour lequel il est très facile d'embarquer.
     Je vous souhaite bonne lecture !

     "- Je bois à mon vieux papa !
Solkar leva le sien à son tour :
- Je bois à Libreterre, qui sait si bien nou accueillir, et pour laquelle je donnerais ma vie.
Vint le tour de Ladorne :
- Je bois à l'amour, sans lequel cette vie serait sans saveur.
Ils se tournèrent vers moi : 
- Je bois à l'amitié, qui peut faire naître la joie et l'espoir dans les pires instants.
Faëdar conclut :
- Je bois à la Magie et à Lokar qui nous l'offre. Puissions-nous toujours en faire juste usage."

     "-La haine est la ruine de l'âme, Néalanne. Une perte de temps. Un acide pervers."

mardi 12 novembre 2013

Aveux de l'autre (PAS SI) Grand Méchant Loup - Catherine Girard-Audet

Aveux de l'autre (PAS SI) Grand Méchant Loup, de Catherine Girard-Audet

128 pages
Editions Goélette
Parution : 21 mars 2013

4ème de couverture :
"Je me présente : Garou J Loup, frère jumeau de Balthazar. Contrairement à ce que les gens croyaient au départ, c'est moi qui suis coupable d'avoir essayé de dévorer le Petit Chaperon rouge et Mère-Grand il y a maintenant 3 ans. Ce que les gens ignorent toutefois, c'est que j'ai beaucoup changé depuis. J'ai été recueilli par mes nouveaux amis Nuage et Robinson, lesquels m'ont enseigné l'art de cultiver des produits bios, de rééquilibrer mes centres d'énergie et de ne plus me laisser contrôler par mon instinct animal. Je suis maintenant prêt à regagner Livredecontes pour prouver à tous qu'à l'instar de mon cher frère, je suis une personne meilleure et que je suis devenu un loup de l'amour !"

      J'ai découvert ce titre sur le site de la bibliothèque, j'y jette un oeil régulièrement pour découvrir les nouveautés (plus facile à repérer en ligne que sur dans les rayons). Et le résumé de ce livre m'avait amusée. Il s'agit d'un livre jeunesse, vous l'aurez compris. Un petit coup d'oeil : il est dispo, la bibliothèque ouvre dans quelques minutes, je n'ai plus qu'à me préparer pour aller le cueillir sur son rayon, et découvrir l'étage dédiée à la jeunesse et aux livres enfants de ma petite bibliothèque de quartier. Et bien il n'y a pas à dire, l'étage est vraiment plus convivial et sympa que le rez-de-chaussée, froid et austère destiné aux adultes.
       Je suis donc repartie avec mon livre jeunesse, mais je n'ai pas pu me plonger tout de suite dedans. Mais quand enfin j'ai pu, je me suis régalée. C'est amusant comme tout.
       Vous saviez vous qu'il y avait DEUX loups qui vivaient à Livredecontes ? Balthazar J. Loup et Garou J. Loup ? Le premier est celui qui avait attaqué les 3 petits cochons, et son frère jumeau, quant à lui avait attaqué le Petit Chaperon Rouge et Mère-Grand. Le premier avait endossé la responsabilité du crime de son frère, permettant à ce dernier de fuir. Balthazar avait pu, ensuite, se racheter auprès des habitants du village en réussissant quelques exploits (mais c'est le sujet d'un autre livre : Confessions du (PAS SI) Grand Méchant Loup). 
      Garou s'était donc enfui dans la forêt, et avait quelques temps, avant de se trouver mal et d'être recueilli par Robinson et sa fille Nuage, tout deux membres d'un clan de bohémiens très bohème où méditation, jardinage et cuisine bio sont un art de vivre. Ces derniers proposent à Garou de vivre parmi eux afin d'apprendre à dominer ses instincts de loup et devenir un Loup de l'Amour. Si Garou n'est pas très chaud au début, il se rend vite compte, qu'en fait, il n'a pas vraiment le choix.
      Quelques mois au sein de la communauté le changeront du tout au tout, et se sentant un autre loup, décide de retourner à Livredecontes demander pardon à son frère, au Petit Chaperon Rouge, au bucheron et à Mère-Grand. Ses amis Nuage et Robinson décident donc de l'accompagner. Mais le retour au village s'annonce vite plus compliqué que prévu ...
      C'est le journal intime de Garou qui nous est présenté, avec quelques illustrations rapides par-ci par-là afin de rendre la lecture ludique. Le texte est rédigé avec humour et devient vite prenant !
      Je regrette juste les clichés : il faut manger bio et sain pour être quelqu'un de bien, tous les habitants de Livredecontes qui réussissent font du Yoga, et tous vont se précipiter dans le nouveau centre de méditation et d'écoute de la nature qui sera ouvert dans le village. Ok, c'est vrai, il faut faire attention à ce que l'on mange, mais là je trouve que là c'est un peu trop, et pas à sa place. (Ils refusent de manger le cassoulet de Mère-Grand parce qu'il n'est pas bio : ce n'est pas très poli je trouve !) Et puis franchement un loup qui mange du tofu, vous y croyez vous ? Chers parents qui faites lire ce livre à vos enfants, vous allez être bon pour leur en préparer au moins une fois...
       Il est assez étonnant de voir comme il est facile de rendre Blanche-Neige hautaine et désagréable, et comme cela n'est pas choquant. Cela coulerait presque de source ... Les princesses ont la vie dure, et ne sont pas tendres entre elles ! Et les princes ? Ils en prennent pour leur grade, et cela m'a beaucoup amusée. En général dans les contes, ils arrivent au dernier moment, sauve la princesse sans faire grand-chose, l'épouse et puis voilà. Dure la vie de prince quand même ! C'est vrai que supporter la princesse, n'est pas une mince affaire, mais quand même ... Nous avons peut-être ici une explication quant au fait qu'on ne les sollicite que pour le minimum syndical dans les contes ... et si c'était juste parce qu'ils sont stupides ?
       En dehors de ces quelques points de détails, l'histoire est bien pensée, bien amenée et bien construite. Même en tant qu'adulte j'ai ri plusieurs fois et souri à maintes reprises.
      La présentation de ce livre est également très agréable : le livre est vert. Oui ! Vert du début à la fin : couverture, fond de page, illustrations, écritures ... tout est vert ! Des sapins ornent le faut de chaque page, elle-même imprimée comme du parchemin mais en vert clair. Cela change des traditionnels livres : police noire sur papier blanc. Cela rend le livre plus ludique pour les enfants, et ne gêne en aucun cas la lecture. Cela donne une autre dimension au livre.
       Et pour aller plus loin, à la fin du livre, vous pourrez trouver des questions de lecture facile pour l'enfant, des idées d'activités entre amis, ainsi que pour les professeurs et les parents, et deux recettes de cuisine ! Une façon de ne pas oublier Garou et son incroyable histoire !


"Voici le journal INTIME et très privé de Garou J.Loup.
NE PAS OUVRIR !
Prière de respecter mon intimité
(si vous ne voulez pas finir en bouillie !)"

       "D'ailleurs, qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans votre famille ? Un loup qui mange des feuilles et un autre qui médite et croit aux chakras. Il y a de quoi écrire un roman..."

lundi 11 novembre 2013

La foire aux célibataires - Xavier Patier

La foire aux célibataires, de Xavier Patier

142 pages
Editions de la Table Ronde
Année de parution : 1998

4ème de couverture :
"Je ressens jusqu'aux entrailles cette chose proprement incroyable qu'il existe des dizaines, des centaines, peut-être des milliers de femmes jeunes, qui se trouvent jolies, et qui attendent un homme en écrivant dans les journaux des billets anonymes, que je peux lire là, au Café de la Bascule, en buvant un demi. Elles existent pour de vrai, quelque part dans un studio ou une chambre d'étudiante. Elles mangent, elles dorment, elles font des courses. Elles ont une voiture quelquefois. Elles ont un minois. Elles ont un corps, un corps que Dieu créa en vain pour l'amour et le don de la vie, un corps au chômage, un corps qui ne fait pas intégralement son métier de corps ; et aussi un coeur, un coeur au chômage qui ne pas intégralement son métier de cœur, et aussi une âme, une âme au chômage qui ne fait pas intégralement son métier d'âme. Elles existent."
La Foire aux célibataires est un roman sur le dévouement et la solitude, sur les relations d'un fils avec une mère possessive et sur l'amour impossible.

      Que faire lorsque l'on est agriculteur, coincé au fond de la campagne entre le Puy-de-Dôme et la Corrèze, alors qu'à 18ans on rêvait de partir, faire de hautes et brillantes études ? Quand les professeurs vous prédisaient un chouette avenir ? Avec un beau métier, intellectuel ? Que vous dévoriez les livres et que vous en rêviez ? Que faire lorsqu'un soir tout s'écroule, à seulement trois mois du bac ?
      Le paternel s'est planté en voiture et vous voilà à la tête de l'exploitation agricole familiale.
      Michel s'est résigné et a pris son rôle d'ainé au sérieux. Lorsque son petit frère est devenu un homme, ils ont partagé le travail à la ferme. Michel s'en fait salarié, laissant au soin de Christian la gestion de l'exploitation. Bien que ce dernier vivent toujours dans la maison de leur enfance, il s'est marié et cela fait toute la différence entre eux. Michel est resté vieux garçon, il s'occupe de leur mère malade, avec attention, par obligation et par devoir, plus que par amour. Les années ont passé, 25 pour être exacte, et Michel n'en peut plus d'être seul. Il a besoin lui aussi d'avoir une compagne à ses côtés.
     Il a l'habitude de lire les annonces postées par les femmes dans les journaux, et un jour il décide de répondre à l'une d'entre elle. Il espère beaucoup de cette histoire, de cette femme, mais en même temps tout l'effraie.
     Le destin lui jouera un drôle de tour, et révèlera la vraie nature de certaines personnes.
     Comment toute cette histoire finira pour Michel ? Et pour la Jocelyne, son amoureuse transie de sa jeunesse, qui n'a toujours pas tourné la page, et avec qui sa mère rêve toujours de le marier ?
      Le style de l'auteur est frais et léger. Avec des mots simples il nous plonge dans le quotidien et les pensées de Michel. C'est un homme ordinaire, mal dans sa peau, résigné, englué dans un quotidien, résolu à le quitter, sans le vouloir vraiment. C'est un homme mou, physiquement, mais pas que...
     J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte, il est rempli de touches d'humour légère, mais aussi de vraies interrogations sur le monde.
     Paru bien avant que "L'amour est dans le pré" ne paraisse sur mon écran de télévision, il pourrait en avoir été une source d'inspiration. Si vous aimez ces agriculteurs, seuls, amoureux de la nature qui souhaitent quitter leur solitude, alors ce livre est pour vous. Si vous voulez juste connaître un peu plus la réalité de nos campagnes, ce livre est également pour vous.
     Une belle tranche d'humanité, dans sa réalité simple, non édulcorée.
     C'est un récit surprenant, facile à lire et humoristique. J'ai découvert avec plaisir qu'il était paru en format livre de poche, ce qui prouve bien que les lecteurs ont su l'apprécier à sa juste valeur !

      "Certains sujets ne sont jamais traités, précisément ceux qui occupent le plus douloureusement nos pensées : les termes maladies, amour, espérance, solitude ne sont jamais prononcés chez nous. Le bonheur non plus n'a pas droit au chapitre ; ni le passé, ni l'avenir, ni aucune idée générale sur ce que nous serons plus tard, ni rien de tragique."

     "Si j'accepte d'être aimé par elle, c'est parce qu'elle n'est pas très jolie. Une femme très jolie n'a besoin de personne, surtout pas d'un gros."

C'est lundi que lisez-vous ? [15]



"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.
On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :


1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu la semaine passée :

Cette semaine je n'ai lu que des lectures plaisirs, sans contrainte, que j'avais pris le temps de découvrir en flânant dans les rayons de la bibliothèque. Quand je dis sans contraintes, ce n'est pas tout à fait vrai, car il fallait que je me dépêche de les lire avant de les rendre cette semaine...
La foire aux célibataires se passe quelque part dans les environs d'où j'habite, mais ce n'est pas un roman dit "régional" pour autant. J'ai beaucoup aimé la plume et le style de l'auteur, simple et efficace. Je me suis ensuite fait plaisir en découvrant un livre jeunesse sur les aventures de Mr Garou J. Loup, c'est rigolo et c'est un texte qui se lit tout seul. Et pour finir je me suis plongée dans un livre d'une jeune auteure Clermontoise qui monte. Je viens de le finir, mon avis est pour le moment mitigé, je pense qu'il faut laisser passer une nuit ou deux dessus pour peut-être davantage le comprendre.


- La foire aux célibataires, de Xavier Patier
- Aveux de l'autre (PAS SI) Grand Méchant Loup, de Catherine Girard-Audet
- Méfiez-vous des enfants sages, de Cécile Coulon

 Ce que je suis en train de lire :

Je viens juste de glisser mon marque-page dans un petit livre qui m'avait attiré lors de ma consultation des nouveautés sur le site de ma bibliothèque et que j'avais donc réservé. L'ayant récupéré début de semaine dernière, il est temps de le découvrir.



 - Parce que tu me plais, de Fabien Prade
 Mes prochaines lectures :

 Je quitterai un peu ce monde pour me plonger dans un monde imaginaire avec le livre Face aux Démons et je lirai également un peu de poésie et un roman à paraître aux éditions Charleston.


Et vous que lisez-vous ?

samedi 2 novembre 2013

Adieu Zola - Romuald Olb Oudjani

Adieu Zola, de Romuald Olb Oudjani

219 pages
Editions Atria
Parution : Mars 2013

4ème de couverture :
« — Ce projet est une chance EXTRAORDINAIRE pour tous les habitants de Bobiland. Je vous assure que vous pouvez signer les yeux fermés, monsieur le préfet.

— Vous êtes sûre de ce que vous faites madame le maire ? demanda le préfet, légèrement inquiet.

— Oui, faites-moi confiance, c'est la meilleure solution, il faut tout détruire, tout raser et repartir sur du neuf, du moderne, du contemporain ; nous allons construire de beaux petits logements individuels et puis des espaces verts autour... Vous verrez, monsieur le préfet... ce sera FORMIDABLE ! »

Adieu Cité Zola et vive le progrès ! Mais les habitants de la cité ne l'entendent pas de cette oreille. Hors de question pour eux de vivre ailleurs : ils l'aiment leur cité de toutes les couleurs, de tous les vices, de toutes les libertés !

Alors s'engage un véritable bras de fer entre les politiciens véreux, les grutiers obsédés  par  le chantier de démolition et les représentants du collectif « Sauvons la cité Zola ». Les personnages sont tous fous à lier et follement attachants dans ce roman burlesque, tendre et profondément humain.

      J'ai reçu ce livre en partenariat avec le forum Livraddict et les Éditions Atria, et je les en remercie.
      Mon impression, le livre tout juste refermé : mitigée. J'étais partagée entre le fait de ne pas avoir apprécié le livre, lui trouver un style propre intéressant et ne pas être sûre de vraiment comprendre ce que la fin signifie.
      Une bonne nuit de sommeil, et d'autres choses m'apparaissent. Le recul semble plus que nécessaire pour comprendre, voir apprécier ce livre.
      L'histoire est simple : madame le maire a décidé de moderniser la ville de Bobiland, et cela passe par la destruction de la tour Zola, tour de dix étages comprenant pas moins de quatre-vingt dix logements. Une démolition en accord avec les nouvelles chartes de l'environnement : on ne dynamite plus les barres d'immeubles, non, maintenant on grignote le béton petit à petit à l'aide de grues et de pinces mécaniques.
      L'auteur nous emmène donc sur le chantier, et nous faisons connaissance de Labite, Lafourche, Said et Cohen, ainsi que du fils Coquelicot, là pour grignoter le béton. Ce sont des ouvriers de base, sans grandes instructions, qui rêvent de vie meilleure. Les plus jeunes se placent sous l'autorité de l'ancien, qu'ils croient plus sage et plus instruit qu'eux.
       Nous assistons donc à l'ensemble de la destruction de la tour, petit à petit, en vivant le quotidien des hommes du chantier, dans les grandes lignes, je vous rassure.
      Au moment de ma lecture, j'ai été agacé par ces ouvriers trop caricaturaux pour être réels, ces hommes politiques absolument hystériques et insupportables, ce besoin de sexe récurrent chez tous les personnages et l'activité de la tour Zola qui ne semble tourner qu'autour de ça. Je trouvais ça trop gros, trop nul, je me suis dit que franchement l'auteur ne s'était pas foulé et que vraiment ce que je lisais n'avait aucun intérêt.
       Et puis j'ai compris, à la lecture des dernières pages... Et s'il n'y avait jamais eu de projet de démolition de la tour Zola ? Si tout ceci n'avait eu lieu que dans la tête d'un seul homme ?
       Et d'un seul coup, tout s'éclaire, tout prend un sens. Si les personnages se ressemblent tous, c'est parce qu'ils sont le fruit de l'imagination d'un seul homme, et dans les songes, l'inconscient se projette, et nous projette dans chacun des protagonistes du rêve ! Nous retrouvons donc la part de solitude, de désir physique, la colère et les espoirs de notre rêveur dans chacun des personnages. Il s'est inventé un monde à lui, un peu trop gros, un peu trop caricatural et aussi un gros peu vulgaire.
      Il m'aura fallu du temps pour mieux comprendre l'idée de base de l'auteur et comprendre ses choix d'écriture.
      Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce texte, c'est la solidarité sous-jacente à chaque instant des personnages les uns envers les autres, personne ne veut être seul et personne n'accepte de voir l'autre galéré dans la vie. Les mains se tendent, même si parfois ce n'est que de façon courte ou illusoire. Les hommes du chantier et de la cité Zola, s'entraident et se soutiennent, cela redonne un peu d'espoir dans ce monde.
      J'ai aussi beaucoup apprécié la façon dont est décrite le métier de grutier, Romuald Olb Oudjani, met se métier en valeur, présentant les grutiers comme des hommes passionnés dans leur travail, minutieux et professionnel. Mais il relate aussi les difficultés à exercer celui-ci, la confrontation à la misère des gens, à leur place en première ligne lors des révoltes des habitants des immeubles à détruire, ... des hommes impuissants qui ne peuvent rien faire à part obéir aux ordres, se focaliser sur le travail et fermer leurs coeurs.
     Autre point positif : les points de vue de tous, habitants, homme du chantier, politique, sont présentés sans jugement de la part de l'auteur. Il y a du bon et du mauvais à détruire la cité Zola, mais ce ne sont pas les mêmes pour chacun des protagonistes. Les enjeux sont importants, et l'auteur a la présence d'esprit de ne se surtout prendre aucun parti, incitant plutôt le lecteur à réfléchir sur les différents point de vue, souffrances et espoirs de chacun.
      Je reste tout de même sur mon impression de trop de vulgarité. Je le garderai en mémoire comme un exercice littéraire osé et bien mené.
      Il faut également souligner que l'auteur a pris le temps de charger son récit de précision technique, ce qui nous met le doute jusqu'au bout.
     Une lecture originale et décalée qui surprend agréablement lorsqu'on se détache du texte et que l'on prend de l'analyser. Une écriture très premier-degré qui cache en réalité un livre plutôt "intello".

     "La ville s'appelait Bobiland et son nouveau terrain de jeu, la tour Emile Zola. C'était un chantier d'envergure, le plus impressionnant de sa carrière ; un immeuble de 10 étages, de 90 logements à broyer, de 90 histoires à déloger à la scie à beton. Sans état d'âme !"

     "Tout ce travail de concassage et de déblaiement allait permettre la réalisation d'une nouvelle autoroute promise par madame le maire pour rejoindre l'océan. Nos deux grutiers le savaient et c'est pour cette raison, aussi, qu'ils dégageaient des gravats comme des acharnés. Frénétiquement, pour donner du rêve et de l'horizon marin aux gosses de la Seine-Saint-Denis..."