vendredi 19 décembre 2014

Les caractères mobiles - Olympe Vainsaï


Les caractères mobiles, de Olympa Vainsaï

200 pages
Editions Blookly
Parution :  Juin 2014
Livre électronique

Présentation de l'éditeur :
Une campagne de publicité pour une grande marque de cosmétique est piratée. Que s'est-il passé ?
De la directrice marketing du groupe à la responsable commerciale, leurs conjoints, leurs familles, ce torpillage qui aurait pu n'être qu'une mauvaise blague, affecte six vies interconnectées :
Trois femmes : ambitieuses. Peuvent-elles réellement concilier carriérisme et maternité ? Que sont-elles prêtes à sacrifier ? Leur couple, leurs valeurs, leur bonheur ?
Trois hommes : idéalistes. Peuvent-ils défendre leurs idéaux écologiques, patriotiques ou humanistes tout en conservant l'estime de leurs compagnes ? Que sont-ils prêts à perdre ? Leur confort social, leur prestige, leur bonheur ?
Six vies interconnectées, acculées à des changements d'existence, dans la douleur. Six vies, et toute notre fragilité dans ce monde mobile et connecté, mobile et trop rapide.

     Quelle surprise quand une campagne publicitaire se trouve parasitée par une autre ? Quel étonnement de recevoir une pub SMS d'un grand groupe de cosmétique pour son dernier produit, suivi aussitôt d'un second SMS proposant un ramassage écolo robotisé des déchets. C'est d'autant plus surprenant que le grand groupe ne fait pas encore dans l'écologique et le traitement des déchets, et que ce ramassage proposé par une petite entreprise toute nouvelle, ne s'adresse pas au grand public. Que s'est-il donc passé ? Sabotage ? Erreur humaine ?
    Il faut aussitôt faire face au "problème" occasionné et vite remettre la machine en route.
     Le grand groupe veut sauver la face et se dit que racheter la petite entreprise peut peut-être rafraîchir son image.
    La société de publicité responsable des envois SMS se doit vite de trouver un coupable, car on ne mélange pas une campagne de millions de SMS au grand public avec une toute petite d'un millier destiné aux collectivités !
    La machine humaine est en route, il faut trouver des coupables, comprendre, et pour les différentes personnes concernées : tirer son épingle du jeu.
    Si certains décident de démissionner avant même d'être soupçonné, d'autres se retrouvent mise au placard avant même d'avoir pu tenter quoique se soit. Car le soucis, c'est que quelques liens familiaux et amicaux se trouvent pris dans l'étau, et les dirigeants ne cherchent pas à savoir.
    Autour des quelques carriéristes au centre de l'histoire, évolue quelques personnes en marge comme le jeune Sébastien qui n'aspire qu'à devenir papa au foyer, mais n'ose le dire à sa femme ; ou Michel, professeur à l'université, qui tente de lutter contre le développement économique chinois et son emprise sur le milieu économique français, et qui fait des parallèles entre la vie en société des abeilles et le notre.
    Comment tout cela finira-t-il ?

    La lecture est agréable car l'auteur insère régulièrement les échanges SMS des différents protagonistes, et chacun devient régulièrement à son tour le personnage mis au coeur du récit. Nous avons ainsi différents point de vue, avec les espoirs et les incompréhensions de chacun.

    Olympe Vainsaï a la plume assassine avec ses personnages et ne les épargnent pas, soulignant plus souvent leurs défauts que leurs qualités. Sauf pour Sébastien qui semble être son petit chouchou et le seul que l'on a envie de protéger.
     Elle souligne l'écart entre les problèmes de boulot et les problèmes plus graves de la vie, comme une soeur qui disparait du jour au lendement. Elle souligne l'aberration de la société dans laquelle nous vivons, qui ne nous fait vivre que pour notre travail, et nous cantonne à rester dans des cases.
Qui choisissez-vous d'être ?

    Le plus gros reproche que je fais à ce livre, c'est sa fin ! Pour moi il n'y en a pas. On ne sait pas ce qui arrive finalement aux différents personnages ? quelle va être leur décision finale ? quelle direction vont-ils décider de donner à leur vie ?
    Je déteste quand un livre s'achève ainsi, cela me donne l'impression que l'auteur n'a pas pris le temps ou n'a pas eu le courage d'écrire la fin. Il n'y a rien de plus frustrant que de refermer son livre en ce disant : "tout ça pour ça ? j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps car au final je ne sais pas, je ne suis pas plus avancer qu'avant."

    C'est un livre très actuel, avec une réflexion intéressante, mais auquel il manque la fin, pour moi. Qui gagnerait à être retravaillé et écrémé de tous les mots compliqués que l'auteur a cru bon d'ajouter, et qui sont 9 fois sur 10 mal employés. Ils ralentissent le lecteur et n'apportent rien à l'histoire.

    "Ils sont des parents-minutes, des parents qui exigent le meilleur en instantané. Ils voudraient une logiciel qui automatise la gestion de l'enfance avec des modules alimentation, éducation et santé, un logiciel aisé à paramétrer, que les nounous successives pourraient utiliser et qui suivrait la vie de la famille bien mieux qu'un psychologue, un pédiatre, un précepteur."

    "Elle pense alors à son amoureux : ne fait-elle pas une erreur en décidant de vivre avec lui . Peut-être que Maxime ne lui a présenté que son emballage impriné de promesses chamarrées et de conseils avisés et qu'elle a être déçue en quelques jours de cohabitation avec lui. Elle aurait voulu lui faire passer un test qualité, elle aurait voulu ...Ah ! elle s'imagine elle et Maxime se tournant le dos chacun avec leurs portables, mobiles et ordinateurs, partageant le même wifi mais pas la confiance assortie ; peut-être comme tant de couples : Sabine n'a pas foi en Michel et pourtant leur vie conjugale se perpétue, comme si ce n'était pas important."

    "Elle n'est pas la femme qu'une choisit pour se caser, elle n'est pas la femme avec qui on couche vite fait ; elle est la femme d'une belle histoire."

    "Dans quel lieu ? Sandra ne sait pas, elle sait simplement qu'elle voudrait s'enraciner, avoir une meilleure amie qui habite une maison au coin de la rue, fonder une dynastie, avec des enfants, neveux, petits enfants qui partent mais toujours reviennent. Ne plus bouger. Cristalliser très vite, comme du miel à forte teneur en glucose."


    Je remercie l'auteur et le forum Have a Break, Have a Book pour la découverte de ce livre.

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Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges)

http://www.lalecturienne.com/2014/10/challenge-couleurs-dautomne.html*http://www.lalecturienne.com/2014/09/challenge-arche-de-noe.html
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http://www.lalecturienne.com/2014/08/challenge-1-mois-1-nouvelle-plume.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.html
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http://www.lalecturienne.com/2014/07/challenge-un-mois-une-lettre.html*http://www.lalecturienne.com/2014/07/un-marathon-litteraire-par-thematique.html





jeudi 4 décembre 2014

L'heure du bilan : Novembre 2014


Le bilan est bien maigre, moi qui voulait faire une boulimie de lecture, je me suis heurté à deux livres qui m'ont bien ralentie, et comme je ne lis jamais deux livres en même temps, et que je n'abandonne jamais ... et bien je les ai trainé plusieurs jours durant ; mais au final je suis tout de même contente de les avoir lus.

Je vous laisse découvrir mon avis sur mes six lectures de ce mois-ci dans cette petite vidéo :



Mes lectures du mois :
- De la littérature industrielle, Sainte-Beuve
- Les brumes du Caire, R. Thomas
- Les caractères mobiles, O. Vainsaï
- STYx, J.-M. Calvez
- Réparer les vivants, M. de Kerangal
- Le vent d'Anatolie, Z. Zatèli

J'espère que mes lectures de décembre seront plus nombreuses et plus fluides !

Et vous qu'avez-vous lu ce mois-ci ? 
N'hésitez pas à me laisser en commentaires les liens vers vos bilans, que je puisse aller les voir !



Réparer les vivants - Maylis de Kerangal

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

281 pages
Editions Gallimard , Collection Verticales
Parution : Janvier 2014

4ème de couverture :
    "Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps". 
    Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

    J'avais découvert ce livre dans le numéro de LIRE qui parlait de la rentrée littéraire de janvier, et qui en faisait une critique plus qu'élogieuse. J'avoue que souvent cet engouement pour un livre me laisse sceptique : réalité ou publicité ? L'ayant également aperçu par-ci par-là, je me suis dit que si je le croisais sur ma route, je pousserai la curiosité jusqu'à la lire. Et je fus exaucée car je l'ai trouvé à la bibliothèque, sitôt vu, sitôt embarqué !
     Je n'avais pas pris la peine de relire la 4ème de couverture, je me rappelais vaguement le sujet, je me suis plongée dans ma lecture curieuse et sans attente. Et ce fut une bonne surprise ! J'ai constaté ces derniers temps que je peinais souvent à rentrer dans l'histoire, que les premières pages étaient souvent difficiles à lire, mais pas là.
     Dès les premières lignes Maylis de Kerangal nous entraine dans une histoire qui ne durera au final que 24h, mais ça nous ne le savons pas encore. Nous rencontrons le jeune Simon et ses amis, prêts à aller prendre la vague malgré le froid glaçant de l'hiver. Ce premier chapitre déborde de vie, de joie et de précisions. Il nous happe sans autre forme de procés.
    Et puis tout s'enchaine, l'accident, les parents, les décisions à prendre sans avoir pleinement le temps de réaliser ce qui se passe, le temps est compté à chaque instant.
     Le temps est compté il faut faire vite, mais la lecture n'est pas stressante, car l'auteur prend le temps de nous présenter des petits morceaux de la vie de tous les protagonistes de l'histoire, les rendant ainsi humains à nos yeux de lecteur et non pas seulement un engrenage d'une machine bien rodée, froide et efficace. Derrière chaque intervenant se cache un être humain, avec une vocation, une vie, ses faiblesses et ses espoirs.

    Le sujet traité est difficile, le don d'organe n'est pas un sujet dont on parle beaucoup de nos jours. C'est un sujet que l'on aborde peu avec ses proches, par peur de s'attirer le malheur sur soi ? parce que la vie nous semble trop belle pour s'arrêter brutalement ? C'est justement pour ça qu'il faut en parler, pour que dans tous les cas la vie puisse continuer pour les vivants : les proches et les inconnus. En parler et donner son point de vue sur le sujet à ses proches leur évitera si le cas se présente de devoir se torturer les méninges et d'endosser une responsabilité alors au-dessus de leurs faibles forces du moment, leur évitera une éventuelle culpabilité.

     Ecrire ce roman était un exercice difficile pour son auteur, car il fallait toujours rester dans la juste mesure, ni trop en faire de peur de lasser le lecteur, ni rester dans le simple schéma descriptif.
    Dans cet exercice Maylis de Kerangal a excellé, ne tombant jamais dans le pathos qui aurait été un calvaire à lire, mais qui par ses descriptions simples et son agilité à manier les mots, nous fait ressentir chacune des émotions. Nous nous mettons tour à tour dans la peau de ce jeune qui s'amuse sur son surf, à la place de cette mère complètement perdue qui ne sait plus ce qu'il lui arrive, de cette femme qui prend conscience que cela aurait pu être son fils, ce père qui regrette d'être parti 4 mois plus tôt, de cette petite fille qui ne comprend rien ; mais aussi de ce médecin de service qui découvre ce patient au début de sa garde et se sent impuissant, de cet infirmier spécialisé qui prendra le temps d'accompagner les parents, de cette jeune infirmière qui découvre ce service, de ce jeune médecin qui devra prélever le greffon et son interne curieuse qui devra garder son sang froid. Nous devenons tour à tour chacun d'eux, car l'auteur sait nous les rendre proche, sait en quelque mot nous glisser leur état d'esprit du moment et nous enfilons une nouvelle peau à chaque début de chapitre.
     J'avoue que plusieurs fois les larmes ont coulées sur mes joues, sans que les sentent venir, appelée par une phrase ou deux, jamais plus.

    Ce livre se lit incroyablement vite, malgré le sujet il est prenant et on ressort changé de notre lecture. Le premier mot que j'ai eu pour qualifier ce livre : Waouh !
     Le succès rencontré par ce roman est totalement justifier à mes yeux, c'est un exercice de haute voltige littéraire.
     C'est un livre a avoir lu une fois dans sa vie, mais pas un livre que l'on relit. C'est un livre qui doit circuler pour sensibiliser le plus grand nombre.

     "[...] rien ne lui a jamais semblé plus violent, plus complexe, que de venir se placer à côté de cette femme afin qu'ils creusent ensemble dans cette zone fragile du langage où se déclare la mort, pour qu'ils y avancent, synchrones. Il annonce : Simon ne réagit plus aux stimuli douloureux, des troubles oculaires et végétatifs sont apparus, notamment des troubles respiratoires, avec un début d'encombrement pulmonaire, et par ailleurs les premiers scanners ne sont pas bons - sa phrase est lente, ponctuée de reprises de souffle, manière d'y inscrire son corps, de le rendre présent dans la parole, de faire de la sentence clinique une empathie, il parle comme s'il ciselait une matière, et maintenant  ils se tiennent les dans les yeux, se font face, c'est cela, rien d'autre que cela, un absolu face-à-facen et celui-là s'accomplit sans faillir, comme si parler et se regarder étaient le recto et le verso d'un même geste, comme s'il s'agissait de se faire face autant que de faire face ç ce qui se profile dans une des chambres de l'hôpital."

     "Ils sont l'ombres d'eux-mêmes aurait-on dit pour les décrire, la banalité de l'expression relevant moins de désagrégation intérieure de ce couple que soulignant ce qu'ils étaient encore le matin même, un homme et une femme debout dans le monde, et à les voir marcher côte à côte sur le sol laqué de lumière froide, chacun pouvait saisir que désormais ces deux-là poursuivaient la trajectoire amorcée quelques heures auparavant, ne vivaient déjà plus tout à fait dans le même monde que Cordélia et les autres habitants de la Terre, mais effectivement s'en éloignaient, s'en absentaient, et se déplaçaient vers un autre domaine, qui était peut-être celui où survivaient un temps, ensemble et inconsolables, ceux qui avaient perdus un enfant."

*****
Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 

http://www.lalecturienne.com/2014/07/un-marathon-litteraire-par-thematique.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.html
http://www.lalecturienne.com/2014/08/challenge-1-mois-1-nouvelle-plume.html

lundi 1 décembre 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [46]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

 Ce que j'ai lu la semaine passée :


Du 24 au 30 novembre 2014
J'ai enfin terminé mon livre-boulet, et j'avoue avoir été déçue par la fin. Et j'ai enfin pu dévorer Réparer les vivants, qui lui fut presque un coup de coeur !

http://www.lalecturienne.com/2014/11/styx-jean-michel-calvez.html*http://www.lalecturienne.com/2014/12/reparer-les-vivants-maylis-de-kerangal.html

- STYx, de Jean-Michel Calvez 
- Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal
 
Ce que je suis en train de lire : 
 
 - Le vent d'Anatolie, de Zyrànna Zatèli
Une enfant bizarre rend visite à une vieille femme malade, plus bizarre encore. Le quotidien d'un coin perdu de Grèce du Nord transfiguré par le souvenir et l'imagination... Un monde à part, étrange et familier. La vie est pleine de merveilles, et la. mort aussi, semble nous dire Zyrànna Zatèli, la magicienne au sommet de son art..
Entre innocence et cruauté, Le Vent d'Anatolie est une nouvelle d'une rare beauté.

 Mes prochaines lectures :

Je vais finir de piocher dans ma Pal de novembre et dans celle du Challenge Cold Winter, en attendant de définir plus précisément celle de décembre.

Et vous que lisez-vous ?

vendredi 28 novembre 2014

STYx - Jean-Michel Calvez

STYx, de Jean-Michel Calvez

339pages
Editions Atria, Collection Les Mondes d'Atria
Parution : Août 2014

4ème de couverture :
   

 Cette planète aurait pu être un paradis, mais l'homme a tout gâché. Ses habitants, les Lutins, se vengent à leur façon, car STYx, le mystérieux virus chronique qui les frappe, est aussi transmissible à l'homme. Orfeu est l'un des rares à être conscient de ce désastre mais il a tout perdu, et avant tout Silvo, un ami cher disparu par sa faute. Alors Orfeu va venger sa mémoire... Pour cela, il faudra que sa vengeance frappe plus fort encore que STYx, même s'il ne parvient qu'à effleurer la vérité de ce monde.
    Un autre que lui prendra la relève et lèvera le secret de la planète et de son virus mortel. Mais est-ce le seul danger ? Et ce virus endémique a-t-il vraiment un antidote digne de ce nom ?
    Entre thriller scientifique et leçon de tolérance envers « l'autre », STYx, plus qu'un roman, est cette croix que l'on doit porter chaque fois que l'on rejette son prochain, simplement parce qu'on le juge trop « différent » de soi. Ainsi, cette allégorie à l'échelle d'une planète ne peut laisser indifférent...


    Pas facile de parler de ce livre car c'est un "gros morceau". L'écriture y est dense, les idées très (trop ?) nombreuses, avec beaucoup de précisions sur la planète Tycho IV, mais aussi beaucoup de détails sur les pensées des protagonistes ce qui parfois brouillent un peu la lecture.

    Jean-Michel Calvez nous emmène sur une planète située à une galaxie et demi de la Terre : Tycho IV. Sur ce monde vivent des Lutins. Pas des lutins de contes de fées, non, des humanoïdes qui semblent beaucoup nous ressembler, mais pas tant que ça pour qui se donnent la peine de les connaître. C'est là que le bas blesse : les colons sont arrivés il y a 12 ans sur cette planète pour en faire une colonie minière, mais ils ignorent tout de ses habitants avec lesquels ils cohabitent en apparence.
    Pour les humains, les Lutins représentent une menace, car ils portent en eux ce que les humains nomment STYx, qui affectent l'homme et l'entraine vers la déchéance physique et la mort, mais ne semble pas atteindre les lutins, qui seraient tous porteurs sains, du moins d'après quelques conclusions hâtives de "spécialistes".
    Plutôt que de comprendre leurs hôtes, les colons humains, érigent des murailles psychiques envers les lutins, et se tiennent à distance d'eux.
    Orfeu s'étonnera de cette distance, et la perte de son ami, le poussera à mener l'enquête et à essayer de comprendre ce qu'est ce mystérieux STYx et à mieux connaître les Lutins.
    Plus tard, ses investigations aideront son frère Lucio envoyé par la Terre pour régler les conflits colons/lutins, à comprendre ce qui ne tourne pas rond sur cette planète, ce qu'est réellement STYx : virus ? malédiction ? ou autre chose ?

    Dans ce roman, Jean-Michel Calvez soulève les éternelles questions de la colonisation : les motifs, les faux-semblants, la cohabitation apparente et la réalité sur le terrain. Ici c'est accentué par le fait qu'il s'agisse de deux peuples de planètes différentes, avec donc des biologies différentes, mais il n'en reste pas moins que les colons n'ont à aucun moment chercher à comprendre leurs hôtes. Il n'existe pas de dictionnaire Lutin/Langage Humain, ils ne se sont pas intéressés à leurs moeurs, leurs rites, leurs religions. Sous couvert du savoir, ils ont imposés de la technologie à un peuple primaire sans chercher plus loin que leurs propres intérêts.
    L'histoire de l'humanité est emplie de phase de colonisation des territoires, et elle le sera encore, peut-être même à l'échelle universelle un jour. Il serait grand temps de se pencher sur les erreurs du passé et d'en tirer des leçons. Sous des traits accentués, voir caricaturaux ou poussé à l'extrème, l'auteur nous amène ici à la réflexion de l'acceptation et la compréhension de l'autre, même si parfois son mode de vie (ou sa biologie) nous dépasse complètement. Il ne faut pas oublié que nous voyons ce qui nous entoure avec notre culture et l'éducation que l'on a reçu, et que tout cela reste subjectif.

    Mais c'est aussi une métaphore de notre monde à nous. Sur Tycho IV il faut se replier sur soi, être fort, ne pas flancher, ériger une carapace et être impitoyable envers les autres pour survivre. Ce qui fait que chacun est seul, sauf dans l'intimité de son chez soi, mais là encore, mieux vaut ne pas baisser la garde, car la contagion et la traitrise peut être partout. Dans notre société également les gens sont seuls, et se protègent des autres. Certes il n'y a pas de STYx qui plane comme une ombre mortelle sur le monde, mais tout un tas d'autres raisons. Pour plus de sécurité on se retranche derrière un ordinateur et on laisse les belles choses de détruire faute de les admirer. En espérant toutefois que la destruction d'oeuvres d'art originales ne deviennent pas seule source d'inspiration créative dans notre monde...

    Jean-Michel Calvez malmène ses personnages, les faisant vivre dans un milieu dont ils n'ont pas les clefs de déchiffrage pour le comprendre. Ils se heurtent donc à leurs propres convictions, à leurs missions originelles mais aussi aux autres Lutins ou humains, et parfois dans le sang.
    Ce livre est dur à lire, car rempli d'horreur, de scène sanglante et horrible. J'avoue avoir passé très vite et j'espère les chasser très vite de mon esprit sensible. Ce n'est pas un livre plein de bons sentiments, c'est vraiment un livre dur aussi bien dans les faits que par son écriture qui nous donne une lecture laborieuse, un peu comme l'est la vie pour Orfeu ou Lucio dans ce monde. On souffre dans notre lecture, comme eux souffrent sur Tycho IV. Volonté de l'auteur ou simple hasard qui fait bien les choses ?

    STYx est vraiment un livre particulier, souvent plus philo que SF, qui ne se dévore pas en une fois. Au contraire il faut du temps pour le digérer. C'est un monde dont on a envie de fuir à tout moment, et dans lequel on n'a pas envie de se replonger rapidement. Il faut du temps pour tout assimiler et "accepter".
Je crois qu'il faut un certain courage pour lire ce livre, mais surtout pour le finir !

     "Avaient suivi quelques jours d'errances solitaires, d'interrogations sans fin, de doutes me concernant. Et j'avais fini par deviner que c'était STYx qui me l'avait emporté. Partir sans un mot, sans un message, avait été le choix de Silvo, le seul raisonnable : ne pas m'imposer la compassion, et la contagion avec, à la clé, la mort partagée. J'avais fini par admettre au fond de moi, par-delà la douleur et l'absence intolérable. Parce que STYx brisait tout. STYx brisait les amitiés, les amours, les couples, tel le nôtre qui avait failli naître. Cela se savait, cela arrivait tous les jours sur ce monde, à cause de STYx, la grande faux qui tranchait les liens entre les âmes, avant de faucher les corps."

    "Or je venais de comprendre, tellement en retard, qu'avant d'être une malédiction, pourrait être bien être un don des dieux, celui d'un Dieu de miséricorde lassé de n'être pas entendu, et qui tente peut-être de nous rappeler par la force que nous devons comprendre notre prochain, qu'il soit homme ou Lutin. Compatir : souffrir avec. Comment avions-nous pu l'oublier si vite ?"

      Je remercie le forum Livraddict et les Editions Atria pour la découverte de ce livre.
  *****
Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 

http://www.lalecturienne.com/2014/10/challenge-couleurs-dautomne.html

http://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/08/challenge-1-mois-1-nouvelle-plume.html






lundi 24 novembre 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [45]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

 Ce que je suis en train de lire :


Du 17 au 23 novembre 2014
Je n'ai toujours pas fini ce livre, je peine à avancer dans ma lecture. J'ai besoin de quitter régulièrement cet univers et j'ai ensuite du mal à m'y replonger. Vraiment ce livre n'est pas fait pour moi, ce qui n'empêche pas que la base soit intéressante.


- STYx, de Jean-Michel Calvez 
 Cette planète aurait pu être un paradis, mais l'homme a tout gâché. Ses habitants, les Lutins, se vengent à leur façon, car STYx, le mystérieux virus chronique qui les frappe, est aussi transmissible à l'homme. Orfeu est l'un des rares à être conscient de ce désastre mais il a tout perdu, et avant tout Silvo, un ami cher disparu par sa faute. Alors Orfeu va venger sa mémoire... Pour cela, il faudra que sa vengeance frappe plus fort encore que STYx, même s'il ne parvient qu'à effleurer la vérité de ce monde.
    Un autre que lui prendra la relève et lèvera le secret de la planète et de son virus mortel. Mais est-ce le seul danger ? Et ce virus endémique a-t-il vraiment un antidote digne de ce nom ?
    Entre thriller scientifique et leçon de tolérance envers « l'autre », STYx, plus qu'un roman, est cette croix que l'on doit porter chaque fois que l'on rejette son prochain, simplement parce qu'on le juge trop « différent » de soi. Ainsi, cette allégorie à l'échelle d'une planète ne peut laisser indifférent...
 Mes prochaines lectures :

Le programme n'a toujours pas changé, car il est toujours à rendre rapidement, et je veux absolument le lire !


Et vous que lisez-vous ?

lundi 17 novembre 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [44]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Ce que j'ai lu la semaine passée :

Du 10 au 16 novembre 2014
Qu'est-ce que je déteste quand un livre n'a pas de fin ! Quand on ne sait pas ce qui va arriver aux personnages ensuite, comme si l'auteur n'en savait rien ou pire, avait eu la flemme de l'écrire. Cela me donne l'impression d'avoir perdu mon temps !

*
* 
- Les caractères mobiles, de Olympe Vainsaï


 Ce que je suis en train de lire :

Et ensuite j'ai entamé un livre assez dense et où il est assez difficile de rentrer dans l'histoire.
Vraiment je crois que cette semaine, n'était pas ma semaine côté lecture...


- STYx, de Jean-Michel Calvez 
 Cette planète aurait pu être un paradis, mais l'homme a tout gâché. Ses habitants, les Lutins, se vengent à leur façon, car STYx, le mystérieux virus chronique qui les frappe, est aussi transmissible à l'homme. Orfeu est l'un des rares à être conscient de ce désastre mais il a tout perdu, et avant tout Silvo, un ami cher disparu par sa faute. Alors Orfeu va venger sa mémoire... Pour cela, il faudra que sa vengeance frappe plus fort encore que STYx, même s'il ne parvient qu'à effleurer la vérité de ce monde.
    Un autre que lui prendra la relève et lèvera le secret de la planète et de son virus mortel. Mais est-ce le seul danger ? Et ce virus endémique a-t-il vraiment un antidote digne de ce nom ?
    Entre thriller scientifique et leçon de tolérance envers « l'autre », STYx, plus qu'un roman, est cette croix que l'on doit porter chaque fois que l'on rejette son prochain, simplement parce qu'on le juge trop « différent » de soi. Ainsi, cette allégorie à l'échelle d'une planète ne peut laisser indifférent...
 
 Mes prochaines lectures :

Il faudra que je me plonge dans ce roman, car je dois le rendre ces jours-ci à la bibliothèque :


Et vous que lisez-vous ?

dimanche 16 novembre 2014

Heureux les heureux - Yasmina Reza

Heureux les heureux, de Yasmina Reza

176 pages
Folio
Parution : Septembre 2014

4ème de couverture :
"J'ai commencé à éprouver un sentiment, je veux dire un vrai, à ce moment-là. En sortant de la voiture, à Wandermines, sous la pluie. On ne parle pas assez de l'influence des lieux sur l'affect. Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes. Au milieu de cette confrérie en habits du dimanche, se pressant vers la mairie pour échapper aux gouttes, tenant le bras d'Odile pour l'aider sur le parvis glissant, j'ai éprouvé la catastrophe du sentiment". 
Glissant de la mélancolie à l'humour, Yasmina Reza dessine avec Heureux les heureux une constellation moderne de personnages confrontés à l'impasse sentimentale. 
 
    Quel beau titre n'est ce pas ? Riche de promesse, de bonheur et de sérénité. Titre sincère ou ironique ?

     Après lecture de ce petit livre, je ne saurais dire car l'auteur semble jouer avec les deux. Tantôt l'un semble prendre le dessus sur l'autre, sitôt l'effet est contrebalancé à peine quelques pages plus loin. Telle une danse, celle de la vie, peut-être...
    Ce roman est constitué de 21 chapitres qui portent tous le nom et le prénom d'un personnage et nous raconte une anecdote de sa vie, comme autant de nouvelles mises bout à bout. Parfois nous recroisons un personnage quelques chapitres plus loin, ou l'avons-nous déjà entraperçu quelques pages plus tôt ? Ce ne sont que de petites anecdotes, de celles de la vie de tous les jours, qui ne jouent pas de rôle particulier dans la leur : pas de révolution, pas de grand changements, pas de révélations. Juste des petits bouts de vie quotidiennes mis bout à bout, concernant un petit groupe de personnes qui sont amenées à se croiser ou se côtoyer.

    A travers ce livre Yasmina Reza nous rappelle que le monde est petit, et qu'il existe une grande chaine des connaissances : je connais untel qui connait untel, qui connait untel, qui connait untel, que je connais aussi. C'est amusant de le voir écrit ainsi dans un livre. Et cela soulève une question ? Que pourrait raconter une personne qui déciderait de parler du petit groupe que je connais et dont je fais partie ? Quelles anecdotes choisirait-elle ? Car il ne peut s'agir que d'anecdotes, rapportées à l'échelle de toute une vie. La vie est une suite de petits évènements de rien du tout et cela fait du bien que quelqu'un prenne le temps de nous le rappeler.

    Et le bonheur dans tout ça ? C'est la question que l'auteur semble nous poser à chaque page : "à ton avis est-il heureux ?",  "et celle-là l'est aussi ? ", "lequel est le plus heureux d'entre eux ?". Et toutes ces questions résonnent dans le vide, car comment répondre ? Oui untel semble heureux aux yeux des autres, mais sous ce vernis de façade se cache les douleurs de la vie. Celui-ci semble à plaindre alors qu'il a trouvé un équilibre parfait avec la personne qui partage sa vie. Celui se bat à chaque instant pour le rester, alors que celui-là se laisse porter par la vie et à décider de s'en satisfaire, quoiqu'en pensent les autres.
    Le bonheur est avant tout une histoire personnelle, personne ne peut juger du bonheur des autres. Chacun a sa vision du bonheur et chacun sera heureux à sa façon. Etre heureux peut être une quête de vie, ou juste un bonus à une vie que l'on juge satisfaisante sans en attendre davantage.
     Je pense que chaque lecteur aura une appréciation différente du "bonheur" de chaque personnage, mais prendra le temps d'essayer de comprendre chaque situation avant de se prononcer...

     J'ai beaucoup aimé la construction de cet ouvrage, même si au départ elle m'a un peu déboussolée. Je ne comprenais pas où l'auteur voulait nous emmener. Et puis j'ai décidé de lui faire confiance, et d'aborder chaque chapitre comme une nouvelle histoire faisant partie d'un tout, et c'est ainsi que j'ai compris.
    Un tel roman ne peut pas se construire d'une seule traite, sur un coup de tête. On sent que chaque chapitre a été pensé, mesuré, soupesé et savamment dosé pour atteindre un équilibre presque parfait. Il y a un vrai travail d'auteur derrière ce livre et pas seulement une grande dose d'imagination. L'exercice était osé, mais Yasmina Reza l'a réussi avec brio.

     Les personnages ont traversés ma lecture, comme certaines traversent nos vies : certains m'ont laissé un souvenirs marqués et d'autres se sont complètement effacés de ma mémoire. Mais ce que je n'oublierais pas c'est le message qu'à voulu faire passer Yasmina Reza et ce petit enrichissement que ce livre m'a apporté.

    "Il se recroqueville sous les draps. J'essaie de lire. Je me demande si le mot fatigué dans la bouche de Robert n'aura pas contribué à nous éloigner plus que n'importe quoi. Je refuse de lui donner une signification existentielle. On accepte d'un héros de la littérature qu'il se retire dans la région des ombres, pas d'un mari avec qui on partage une vie domestique."

    "Un homme est un homme. Il n'y a pas d'homme marié, pas d'homme interdit. Ca n'existe pas tout ça. Quand on rencontre quelqu'un, on ne s'intéresse pas à son état civil. Ni à sa condition sentimentale. Les sentiments sont changeants et mortels. Comme toutes les choses sur terre. Les bêtes meurent. Les plantes. D'une année à l'autre, les cours d'eau ne sont pas les mêmes. Rien ne dire.Les gens veulent croire le contraire. Ils passent leur vie à recoller les morceaux, et ils appellent ça mariage, fidélité ou je ne sais quoi. Moi je ne m’embarrasse plus avec ses bêtises. Je tente ma chance avec qui me plaît. Je n'ai pas peur de me casser les dents. De toute façon je ne serai pas belle toujours. Le miroir est de moins en moins amical déjà."

    "Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n'as pas une disposition à être heureux."

    "Je suis une femme qui n'aime pas les photos (je n'en prends jamais), qui n'aime aucune image, gaie ou triste, susceptible de réveiller une émotion. Les émotions sont effrayantes. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure."

Je remercie le forum Livraddict et les éditions Folio pour la découverte de ce livre.
 
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Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 

http://www.lalecturienne.com/2014/08/challenge-1-mois-1-nouvelle-plume.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.html
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mercredi 12 novembre 2014

Challenge Cold Winter 2014

     Voici un nouveau petit challenge organisé par le blog etenplusellelit et que j'ai découvert grâce à Margaud de la chaine Margaud liseuse sur Youtube.
Le principe :
Cette année, le Challenge aura lieu du 15 novembre 2014 au 28 février 2015, histoire de coller à peu près à la période hivernale. Le but est de piocher dans votre PAL déjà existante afin de la faire baisser. Le nombre de livres que vous choisissez est libre, le but est quand même d'essayer au maximum de lire sa sélection avant la date impartie. Seul impératif, choisir des livres qui vous font penser à l'hiver, que ce soit au niveau du titre, du thème, de l'ambiance, de la couverture... Là encore, c'est assez large.

 Et quoi de mieux qu'une petite vidéo pour vous présenter ma sélection ?



 Ma sélection de livres :
 - Sauver Noël, Romain Sardou
- Les 4 filles du Dr March, Louisa May Alcott
- Christmas Pudding, Agatha Christie
- Aliocha, Henri Troyat
- Le journal intime d'un arbre, Didier Van Cauwelaert
- Moi, on ne m'a jamais demandé comment j'allais ... , Marie Fuguain
- Le jour où j'ai largué mon ex !, Emma McLaughlin & Nicola Kraus
- La Belle et la Bête, Madame Leprince de Beaumont
- La maison de thé, Jacques Tournier

lundi 10 novembre 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [43]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Ce que j'ai lu la semaine passée :

Du 3 au 9 novembre 2014
Difficile d'avancer dans ce roman qui ne me captive pas, les deux histoires pourraient être intéressante indépendamment l'une de l'autre, mais je trouve que là il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.

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- Les brumes du Caire, de Rosie Thomas



 Ce que je suis en train de lire :

- Les caractères mobiles, de Olympe Vainsaï
Une campagne de publicité pour une grande marque de cosmétique est piratée. De la directrice marketing du groupe à la responsable commerciale, leurs conjoints, leurs familles, ce torpillage qui aurait pu n'être qu'une mauvaise blague, affecte six vies interconnectées. Trois femmes : ambitieuses. Peuvent-elles réellement concilier carriérisme et maternité ? Trois hommes : idéalistes. Peuvent-ils défendre leurs idéaux écologiques, patriotiques ou humanistes tout en conservant l'estime de leurs compagnes ?
Six vies, et toute notre fragilité dans ce monde mobile et connecté, mobile et trop rapide.
Soyez mobiles et allez vite, avant que les Chinois ne nous rattrapent, avant que les abeilles ne disparaissent... avant que votre conjoint ne vous quitte.


 Mes prochaines lectures :

Je pense que je lirai l'un de ces deux livres :


Et vous que lisez-vous ?

dimanche 9 novembre 2014

43, rue du Vieux-Cimetière - T4 : le fantôme hante toujours deux fois - Kate et M. Sarah Klise

43, rue du Vieux-Cimetière - T4 : le fantôme hante toujours deux fois - Kate et M. Sarah Klise

149p
Editions Albin Michel Jeunesse
Parution : Octobre 2013

4ème de couverture :
Le trio du manoir Vranstock va bientôt devoir faire le deuil d'un de ses plus grands plaisirs : le courrier.
Une nouvelle invention appelée le VEXTO menace de remplacer non seulement les lettres, mais aussi les livres, les sèche-cheveux et même les portes de garage !
L'étrange famille du 43, rue du Vieux-Cimetière est divisée : face à Lester partisan de la modernité, Adèle loue les vertus de la correspondance à l'ancienne et de l'amitié post mortem...



     Livid City connait un drame : le bureau de poste va fermer. Pour être remplacé par un centre VEXTO. Qu'est-ce que le VEXTO ? un système révolutionnaire pour communiquer grâce à la parole : il vous suffit d'enfiler une cagoule pour communiquer avec tous ceux qui vous entourent, lire les conversations à proximité, regarder des films, écouter de la musique, se coiffer, boire un café ... Bref une révolution ! du moins c'est ce qu'affirme le ministre des Postes et Télécommunications.
     A Livid City, l'accueil est plutôt froid pour ce nouveau projet : rare sont les partisans des nouvelles technologies. Et encore moins Justine Titlette qui tient le bureau de poste depuis des années.
     Lester lui aimerait un peu plus de technologie à la maison, du moins il souhaiterait qu'ils aient au moins un téléphone. Ignace est pour et Adèle formellement contre ! Difficile de se comprendre quand tant de générations vous séparent ...
     Mais le plus inquiétant pour Lester ce sont ces lettres d'un fan anonyme qui arrive au manoir, de plus en plus menaçantes. Qui est ce mystérieux individu qui leur envoie des lettres "post mortem" de la fameuse boîte postale 5 du bureau de poste de Livid City ?
    Adèle décide d'ignorer ces courriers, mais Ignace ne peut en faire abstraction quand Lester tombe malade : il y aurait-il un lien ? et qu'entend-il par "je volerai un lettre à minuit" ?

    Dans ce quatrième tome, nous retrouvons nos trois amis divisés, chacun campant sur ses positions, avec ses idées et ses inquiétudes. Chacun s'isole dans sa bulle, comment arriveront-ils à sauver le bureau de poste si le dialogue est rompu entre eux ? Ce n'est pas toujours facile la vie de famille.

     Ce que j'apprécie dans cette série c'est que Kate et M. Sarah se renouvelle sans cesse. Elles abordent l'un après l'autre des sujets qui concernent la vie de famille avec un ado. Que se soit les divergences d'opinions, les doutes, les craintes, les incompréhensions,... chaque fois le sujet est traité avec humour et légèreté, dédramatisant le problème et suggérant quelques solutions.
    Ici c'est le thème de la technologie qui est au centre du roman. Les générations s'opposent et ne se comprennent pas, que ce soit Ignace et Adèle, Lester et ses parents ou Fee et son oncle Tom Set. Chacun porte un regard qui lui est propre sur les moyens de communications. Ceux de la vieille école défende bec et ongles le courrier, les plus jeunes défendent le texto et le téléphone portable, et la génération intermédiaire, le simple fait d'avoir un téléphone fixe à la maison. Chacun est positionné dans son époque et le plus dur est de trouver le juste milieu pour que tout le monde s'accorde.
     C'est ce qui se passe à la fin de ce livre où il est démontré qu'une trop grande utilisation du portable peut être nuisible, mais qu'en avoir un dans sa poche peut vous sauver la vie. Il faut en toute chose, mesure garder.
    Si nos protagonistes sont divisés sur le téléphone et le courrier, personne n'est fan de ce VEXTO...

    J'ai beaucoup aimé l'incorporation à ce livre du Fantôme de l'opéra de Gaston Leroux, et tous les parallèles qui sont fait entre lui et ce roman-ci. C'est vraiment amusant, et cela donne envie de lire ce grand classique de la littérature. C'est un peu comme si nos deux auteurs souhaitaient orienter le jeune lecteur vers une autre lecture, un peu plus adulte, mais qui pourrait lui convenir et avec laquelle il ne devrait pas s'ennuyer. Car il est vrai qu'il n'est pas toujours aisé de passer de la littérature jeunesse, souvent légère, amusante, illustrée, au large éventail de littérature "plus adulte".

    J'ai de nouveau passé un très bon moment avec Lester, Ignace et Adèle. Je vais attendre avec impatience que ma bibliothèque se procure les deux tomes suivants ... j'espère que ce sera assez rapide, car ce sont vraiment de chouettes livres, beaux et amusants. Ils font pour moi parti de ces livres à mettre dans les bibliothèques des enfants qui commencent à lire tout seul, et qui prendront plaisir à les lire et les relire car ils présentent une dynamique de lecture vraiment sympathique et proposent un très bel univers tout en douceur.

    "Chère Madame Titlett,
Un fan nous a envoyé d'étranges courriers depuis la boîte postale n°5. Pourriez-vous me dire qui vit dans cette maison ? Les lettres portent un tampon POST MORTEM mais je ne sais pas ce que cela veut dire.
  Merci de votre attention !
    Lester Perrance"

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Mon avis sur les autres tomes de la série de K. & M.S. Klise
43, rue du Vieux-Cimetière, T4 : Le fantôme hante toujours deux fois

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Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 
 
http://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/07/un-marathon-litteraire-par-thematique.html
http://www.lalecturienne.com/2014/01/retombe-en-enfance-challenge.html*http://www.lalecturienne.com/2014/10/le-defi-de-la-citrouille-challenge.html


samedi 8 novembre 2014

43, rue du Vieux-Cimetière - T3 : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare - Kate et M. Sarah Klise

43, rue du Vieux-Cimetière - T3 : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare - Kate et M. Sarah Klise

133p
Éditions Albin Michel Jeunesse
Parution : Mai 2013

4ème de couverture :
Lorsqu'un chien fait son apparition au manoir Vranstock, Lester est fou de joie ! Ses parents adoptifs, Adèle et Ignace, beaucoup moins ... particulièrement depuis que le fameux chien, baptisé Secret, passe ses nuits à aboyer. Mais pourquoi Secret aboie-t-il ainsi ? Secret cache-t-il un secret ?
Grâce à son nouveau compagnon, Lester se trouve mêlé à un fabuleux jeu de piste, orchestré avant sa mort par le propriétaire du chien, le regretté et fantaisiste Placid McAbbey. Le vieil homme a lancé un défi à ses enfants et à tous les habitants de Livid City ! Et si son fantôme était aussi de la partie ?


     Maintenant que la situation de Lester est régularisée, et qu'il peut désormais rester au manoir avec Ignace et Adèle, la vie s'écoule tranquillement entre écriture, dessin et moments en famille.
     Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce qu'un grand chien croise la route de Lester. Le petit garçon qui se sent un peu seul, a envie d'un compagnon de jeu, et ce chien lui semble envoyé par le destin. Mais ces parents ne l'entendent pas de cette oreille : Lester est prié de retrouver le propriétaire de ce chien. Et c'est ainsi que pour la première fois de sa vie, le petit Lester fait des cachotteries à ses parents, qui bien sûr ne sont pas dupes. S'en suit la première querelle entre Ignace et Adèle...
     Pendant ce temps au village des évènements étranges surviennent. Des pièces rares et de très grandes valeurs font leur apparition. D'où viennent-elles ? Ont-elles un rapport avec le milliardaire décédé quelques temps auparavant ? Et dont les enfants Kitty et Rex courent après le trésor de leur père ? Enquiquinant la moitié du village et se disputant sans cesse ?
     Faudra-t-il que le pauvre Placid intervienne lui-même ?
     Quel rôle Ignace, Adèle et Lester vont-ils jouer dans cette histoire ?

    Dans ce troisième tome, Kate et M. Sarah nous emmène hors de la cellule familiale qui s'est créé au 43, rue du Vieux-Cimetière, ce qui est agréable.
    Nous faisons la connaissance de Kitty et Rex McAbbey aussi drôles, qu'insupportables et pathétiques. Ils paraissent être de véritables caricatures et en même temps ils sont plus que réalistes. Et au cours de notre lecture, nous nous disons : "Mon Dieu, ça existe vraiment des gens comme ça ?!" et on enchaine avec "J'espère ne jamais leur ressembler !". Cette façon de faire passer doucement le message au lecteur est vraiment habile et très amusante, nous n'avons pas l'impression de lire un discours moralisateur, et pourtant le message passe très bien !
    Elles sont également très habiles, pour signifier aux enfants qu'il ne faut pas mentir ou dissimuler des choses à ses parents, que l'on doit avoir confiance en eux, et que lorsque l'on a quelque chose à cacher, on ne se sent pas bien. Elles en profitent aussi pour donner une petite marche à suivre aux parents, et je trouve ça pas mal du tout : toucher et les enfants et les parents ! Surtout qu'il n'est jamais simple d'être parents ...

    Si c'est l'amour filial et fraternel qui est mis à l'honneur dans ce récit, nos deux auteurs ne s'arrêtent pas là. Elles en profitent pour souligner l'importance des petites choses. Si Tom Set n'avait pas attentivement regarder cette petite pièce qu'il a trouvé dans son pot des retards, il serait passé à côté de quelque chose. Pareil pour les autres commerçants. Non, elle ne cherche pas forcément à nous intéresser à la numismatique, mais plutôt au fait que toutes les petites choses autour de nous peuvent avoir un sens et être au final les plus importantes !
     Il faut prendre le temps d'être là où l'on est avec les gens avec qui l'on est, savoir regarder les choses autour de soi et ne rien négliger. Rex et Kitty l'apprendront vite à leurs dépens, et ne pourront hélas pas faire marche arrière.

    Une lecture aussi plaisante que les tomes précédentes ! 

     "Cher Kitty et Rex,
Quand vous lirez cette lettre, je serai mort. C'est quelque chose d'étrange à imaginer pour moi ! Mais je ne peux me plaindre.
J'ai eu une vie bien remplie. J'ai été heureux en amour. Mon travail de collectionneur m'a apporté de grandes satisfactions. Et j'ai eu deux enfants - qui, hélas, ont passé leur vie à se crêper le chignon.
Mon unique regret est de n'avoir pas réussi à faire cesser vos disputes continuelles de mon vivant. Et donc, dans la mort, je suis déterminé à ce qu'il en soit autrement.
Ma collection d'oeuvre d'art, d'antiquités et de livres rares a récemment été estimée à sept millions de dollars. Soit vous pouvez vous partager cet argent, soit l'un d'entre vous peut tout rafler. Il vous suffit de résoudre une simple énigme. "

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Mon avis sur les autres tomes de la série de K. & M.S. Klise
43, rue du Vieux-Cimetière, T2 : Il faudra ma passer sur le corps
43, rue du Vieux-Cimetière, T3 : Jusqu'à ce que la morsure nous sépare

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Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 
http://www.lalecturienne.com/2014/01/challenge-des-100-lectures-2014.htmlhttp://www.lalecturienne.com/2014/07/un-marathon-litteraire-par-thematique.html
http://www.lalecturienne.com/2014/01/retombe-en-enfance-challenge.html*http://www.lalecturienne.com/2014/10/le-defi-de-la-citrouille-challenge.html
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