mercredi 18 mars 2015

Jardinière du Seigneur - Yves Lériadec

Jardinière du Seigneur, de Yves Lériadec

131 pages
Editions Anne Carrière
Parution : Octobre 2013

4ème de couverture :
Il s'appelle Jardinière du Seigneur. Et il l'aime. Coup de foudre dasn un lieu insolite, virées joyeuses au Quartier latin, coeurs qui commencent à se livrer : le bonheur est là.
Mais un rival vient troubler leur idylle, et quel rival !
Depuis le vieux Paris jusqu'en Inde, au Pérou et en Afrique du Sud, Yves Lériadec nous emmène dans une histoire d'amour nomade et poétique.
Une écriture toute en sensibilité, un style sobre et rythmé.



    J'ai trouvé ce livre par hasard chez Emmaüs il y a quelques jours. Et je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie de le lire tout de suite. Juste le temps de finir ma lecture en cours, et de grignoter une pièce de théâtre et j'ai plongé dedans.
    J'ai tout aimé dans ce livre ! Que ce soit le sujet vraiment original, l'écriture très poétique de l'auteur, et l'énorme rebondissement à la fin : tout ! Il est rare que j'aime autant un livre. A moins que ce ne soit ma période "j'adore ce que je lis", parce qu'en quelques jours cela fait deux livres coup de coeurs ...

    A la lecture du titre, on pourrait croire que la religion prend beaucoup de place dans ce récit, oui et non. Elle est l'une des raisons des choix du personnage principal, mais elle ne le touche pas directement. Il n'est pas plus croyant que cela : il aime l'architecture d'une église et y apprécie l'atmosphère, mais cela semble s'arrêter là. Mais ce n'est pas le cas, pour la jeune femme qu'il rencontre : c'est comme ça que Dieu s'immisce dans sa vie, sans qu'il lui ait demandé quoi que ce soit.
    Mais que faire ensuite ? Notre héros va se chercher, trouver des parades, mais pas facile de laisser son âme en paix quand le destin semble obstiné à vous poursuivre et à vous faire souffrir.
    Parfois la réponse est au bord du chemin, et c'est comme ça que notre héro rencontre un "vieux" atypique qui a le remettre bien en place sur le chemin de sa vie et de l'amour.

    La plume de l'auteur est envoutante. La quatrième de couverture parle de sobriété et c'est exactement ça. Yves Lériadec sait trouver les mots justes pour chaque chose et joue sur la musicalité et les rythmes de ses phrases pour toucher ses lecteurs au plus profond d'eux-même.
    L'écriture change également au fil de l'histoire, beaucoup de poésie au début, des passages plus secs et une écriture plus aride au milieu et une joyeuse effervescence à la fin. L'écriture se fait écho de la vie de notre personnage. On ne le ressent pas tout de suite, car la lecture est fluide, c'est ensuite avec un peu de recul que l'on se rend compte de cette petite particularité de style.
    Et ce que j'apprécie beaucoup, c'est qu'il aborde un sujet peu fréquent en littérature contemporaine, et il le fait avec simplicité, sans extravagance, comme si le sujet en contenait déjà assez.
    C'est un livre qui vous dépayse, comme une petite parenthèse dans votre vie, dont vous ressortez grandit, comme si vous aussi vous aviez vécu tout cela.

    Je ne pourrais que vous conseiller la lecture de ce petit livre ! Je vous laisse avec plusieurs passages de ce livre que j'ai aimé. Ils sont tous si forts et différents que je n'ai pas su choisir ...


    Deux clowns se regardent, attendent une parole, un geste. Leurs mains se cherchent, se parlent. Leurs yeux espèrent, quémandent. Coeurs encore contenus. Il le faut, je dois le faire. J'ose. Mes lèvres sur votre joue, votre tête sur mon épaule, nous deux sur ce banc.

    Et vous m'avez fait vivre.
Sortir des bouquins, des idées. Goûter la vie sans la penser.

     Vos yeux sur eux, vos mains vers eux, votre vie pour eux. Rien que pour eux.
Joyeuse image qui me détruit.
Dieu et les enfants vous comblent de leur amour.
Du mien vous n'avez pas besoin.

     Bon, soyons sérieux. Elle est très sexy ta vitrine, merci de me l'avoir présentée. Mais c'est du chiqué tout ça. Passons dans l'arrière-boutique, sors-moi les trucs qu'on cache aux clients. Tu bourlingues seul depuis trente ans aux quatre coins du monde, à faire du golf et du pognon, sans compter les câlins minute dont tu m'as parlé. Je connais les bonhommes moi. Et tu me la joues bonheur et castagnettes avec un parcours pareil ? Combien de temps encore vas-tu errer sur cette planète, dans ta vie ? Quelque chose à oublier, peut-être ? Quelqu'un ?

     - C'est ça, ta piscine à vagues ?
- Exact. Un truc pour t'immerger au milieu des autres, avec des ondes de tendresse qui circulent. Tu les envoies, ils te les retournent vite fait, ça fait du bien à tout le monde. Mais attention, c'est à toi de lancer le mouvement. T'as intérêt à aimer d'abord, si tu veux être aimé. C'est le camarade d'Assise qui m'a filé le tuyau. Une fois que tu as pigé le truc, tu peux plonger partout : enfants, adultes, amis, collègues, vieux comme moi. N'oublie pas, tu aimes en prem's.

     - Ca y est tu sais faire la station-service. Comme nous tous ici. Johnny est venu faire le plein. Pas de pétrole dans les parages, nous puisons la seule source d'énergie équitablement répartie sur la Terre. Non polluante, accessible à tous. Pas d'envolée ni de krach, son cours est incroyablement stable. Pour la trouver, il suffit de forer un puits en soi. Pas profond, juste au niveau du coeur. Tu sors de toi pour aller vers l'autre, ça jaillit très vite. En plus, pas besoin de raffiner. Tu livres brut, sans calcul, direct du producteur. Les autres se servent et reprennent leur route. Bien sûr, tu fais pareil avec eux. Je te donne, tu me donnes. Ici, on l'appelle Super-Tendresse 95.

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Livre lu dans le cadre des challenges : (cliquez sur les images pour voir les challenges) 

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