lundi 21 octobre 2013

Rien - Emmanuel Venet

Rien, de Emmanuel Venet

120pages
Editions Verdier
Parution Août 2013

4ème de couverture :
Il y a vingt ans jour pour jour qu'ils forment un couple.
Vingt ans que leur lien résiste à ce qui érode, sépare et altère les amants du premier soir.
Pour célébrer l'anniversaire de cette énigme, ils ont choisi le Negresco, haut lieu de leur imaginaire intime.
Là, derrière les volets entre-clos d'une chambre autrement plus cossue que celle de leurs commencements, ils viennent de faire l'amour¿; et maintenant, sous un rai de soleil où dansent des poussières, chacun s'abandonne à sa rêverie.
Autant dire à la nostalgie, au réveil d'émois secrets, à la révision de son histoire et aux pensées inavouables - ce noyau d'infidélité contre et par lequel ils ont scellé, vingt ans plus tôt, un pacte amoureux dont il vaut mieux ne savoir rien.


      Quand votre bibliothèque est en travaux, et que seuls les ouvrages de la rentrée littéraire sont accessibles sur un présentoir, on se rabat dessus, faute de mieux. Ce livre est le dernier que j'ai pris cette fois-là. Et si je fais le bilan je me dis que je n'ai rien découvert de transcendant, et que si j'avais eu plus de choix, je ne suis pas sûre que j'aurais instinctivement choisi ces titres. Mais ce devait être une expérience à faire.

      De quoi parle ce livre ? Et bien de Rien ! Je plaisante, quoi que ... Il raconte bien quelque chose, mais au final on peut en ressortir en se disant qu'il ne nous parlait de rien. Vous savez comme lorsque vous discutez pendant des heures avec quelqu'un et que lorsque plus tard on vous demande de quoi vous parliez, la première réponse qui vous vient est : "de rien". Car au fond, c'est le cas. Sur le moment l'échange a été intense et chargé, mais qu'en reste-t-il quelques minutes/heures plus tard ? Rien. Rien qui ne nous marque à jamais, rien de transcendant. En y repensant, on s'égare, on change d'avis, ou bien on y repense pas du tout. 
      Ce livre commence sur une question : "A quoi tu penses ?". Question cent fois répétées. L'auteur nous emmène donc à sa suite, dans le fil de ses pensées. Bien sur en réalité, il ne s'écoule que quelques minutes, mais il faut beaucoup plus de temps pour transcrire toutes ces pensées sur papier.
       L'écriture est donc dense, il n'y a pas de chapitre. Tout s'enchaine, sans cesse, ce qui fait que parfois le texte en devient oppressant, et il faut poser le livre, et s'évader dans ses propres pensées et se retrouver un peu soi-même.
       Dans ces pensées l'auteur fait un petit point sur sa vie, et ne peut s'empêcher de la comparer à celle de Jean-Germain Gauchet. On y apprend ainsi toute la vie de cet homme, que l'auteur analyse un petit peu. Cet homme est un homme banal, mais bien choisi pour la démonstration, il faut bien avouer.
       Si le texte parait bien pensé et bien construit au début, notamment lorsqu'il traite de la vie de Jean-Germain, sur la fin il devient moins fluide plus brouillon, lorsque les pensées personnelles de l'auteur prennent le dessus. Est-ce parce qu'au bout d'un moment, j'ai saturé d'être dans la tête d'un autre ? Ou est-ce dû au fait de l'écart total entre les sujets abordés, qui sont contemporains tandis que Jean-Germain est d'une autre époque ? Et-ce dû aux tentatives de prise de position de l'auteur sur des problèmes de notre société actuelle ? Est-ce dû au fait que l'auteur règle ses comptes avec un de ses collègues ? Et ce en répétant dix fois les mêmes choses sur plusieurs pages ? 
       De ce fait, ce livre me laisse une impression mitigée. J'aime bien l'idée de base : "A quoi tu penses ?" - déroulement de pensées - réponse. Mais je suis moins convaincue de la façon dont l'auteur a exploité son idée et fait ses choix. Cependant j'aime beaucoup la façon dont est racontée l'histoire de Jean-Germain Gauchet. Mais une fois le livre refermé, je me suis dit : "Mouais" et je n'ai pas été fâchée de passer à autre chose. 

      "Tout découle d'un manque d'ambition et de confiance en soi, qui l'a rendu vulnérable aux poisons de la routine et de la facilité. Autrement dit, pas assez déterminé pour abattre les murs et cogner l'adversité, pas assez fou pour déclarer la guerre au monde et le vaincre à sa manière."


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