jeudi 29 septembre 2016

Partition amoureuse - Tatiana de Rosnay

Partition amoureuse, de Tatiana de Rosnay

224 pages
Éditions Le Livre de Poche
Parution : Février 2016

Présentation de l'éditeur :
« Quatre hommes, quatre notes.
Toi un do, première note de la gamme comme alpha est la première lettre de l’alphabet.
Manuel est un sol aux accents inquiétants, la dominante de la gamme de do.
Pierre est un long tourmenté.
Hadrien ne serait-il pas mon la, note de référence, celle dont un chef a besoin pour diriger un orchestre, celle qu’il me faut désormais pour apprendre à diriger ma vie ? »
T. R.
Margaux, célèbre chef d'orchestre, décide, à l’approche de ses 40 ans, d'inviter à dîner les hommes qui ont le plus compté pour elle. C’est l’occasion d’un bilan, le moment d’assumer les échecs du passé afin de mieux savourer ses bonheurs présents.  Avec lucidité, Margaux dresse l’inventaire de sa vie amoureuse, comme elle le ferait sur une partition, chacun de ses amants apportant sa cadence.


    Qui n'a pas un jour imaginé écrire un roman/recueil de nouvelles pour parler des différents hommes/femmes qui ont traversé sa vie amoureuse ; revenir sur le passé, sur ces histoires heureuses où malheureuses... Ces histoires qui en disent beaucoup de nous, qui nous ont façonnés, transformés en meilleur ou en pire, qui ont pu nous grandir ou nous détruire.
    Il n'est pas toujours bon de se retourner et de se replonger dans le passé, les souvenirs sont parfois trompeurs et souvent aguicheurs... il faut être sûr de soi et de sa force pour regarder en arrière sans flancher.
    C'est cette idée de départ qu'à développer Tatiana de Rosnay dans ce roman. Initialement paru sous le titre "le dîner des ex", celui de "Partition Amoureuse" lui sied davantage à mon humble avis. En effet le premier était trompeur sur son contenu, alors que le second fait formidablement bien écho et à la découpe du texte, et à la profession du personnage principal : Margaux, chef d'orchestre.
    Plus que l'histoire en elle-même, c'est le parallèle entre musique et écriture qui m'a plu. Le livre est structuré comme le serait un opéra, les mots semblent donner le ton et le mouvement à chaque partie, sous la baguette de Margaux.
    Margaux est une jeune femme ni plaisante, ni désagréable ; je ne l'ai pas particulièrement apprécié. Mais je n'ai pas l'impression qu'il y avait là un des objectifs de l'auteur.
    Plus que la femme, c'est le chef d'orchestre qui est intéressant et comment Tatiana de Rosnay met en mots ce métier. Un chef d'orchestre est toujours de dos, et dans l'esprit du commun des mortels : interchangeables. Il faut être passionné de musique pour se rendre compte des différences musicales d'un même morceau sous différentes baguettes. Ainsi Margaux, dans sa vie de femme est interchangeable, elle pourrait être le lecteur, la voisine de palier, la cousine ou la femme croisé dans le métro, pourvu que celle-ci ait autour de la quarantaine. Car tout part de la : cette approche de la quarantaine, ce changement de décennie qui fait peur. C'est lui qui fait remonter les interrogations de Margaux, qui la met face à sa vie, à son célibat, à sa maternité. Seule sa carrière semble parfaite et la satisfaire. Mais à quarante ans est-ce suffisant ? Atteindre les sommets occupe et le corps et l'esprit ; mais une fois parvenu en haut, que faire de plus ? Avec qui partagé tout cela ?
    C'est ainsi que Margaux se retourne sur son passé, et se raconte à travers une longue lettre. Elle pose des mots sur chacune de ses relations, celles qui ont compté du moins. Et à qui l'adresser cette lettre, à part à celui qui l'a connu encore fraîche, dans l'insouciance de la vie, la tête pleine de rêves, comme "neuve" ? Lui seul connait la vraie Margaux, celle des débuts, à lui seul elle peut se confier sans honte ni remord. Seul le premier amour est entier et pur, rares sont ensuite les relations où l'on se livre tout entier.

    C'est un court roman qui se laisse bien lire. Si certains passages un peu trop sexuels m'ont pesé, car n'apportant rien au roman, ils ne m'ont pas empêché d'apprécier l'histoire. Le style mi épistolaire mi-narratif est une idée originale qui fonctionne bien, tout comme la découpe du roman.
    C'est le premier roman que je lis de cet auteur, pourtant très reconnu, et j'ai apprécié son écriture. Je découvrirai avec plaisir d'autres de ces écrits, qui m'ont semblé être dans des styles très variés, ce que je trouve intéressant.
    Petit coup de coeur pour la couverture qui en plus d'être ravissante correspond vraiment au texte.





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